Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIHI-: SOCI.\I.ISTE rées ne poul'l'aicnl se transformer en gou,crnemenl 111, l'autre au contraire, comme nos modernes syndicalistes réH,lutionuaircs, raisa11t de la societé de 1·ésistance la cellule élémentaire de la société futut'e. )lais Lous se trouvaient unanimes pour pousse•· activrmenl it l'organisation el à la fédération des sociétés de 1·ésistancc, el la r(>solutiou proposce u'indiqua que cela. Elle fut <lonc unanimement acceptée. ;\lais ce n'est point par le texte de leurs résol11tiu11s, cc c'est point par Jeurs dêclat'alions théo1·iques; l' 1Cst, avant tout, on le sait, par les rapprochements qu'ils établissent entre les militants, par les sentiments de confiance, d'espérance qu'ils é,·cillent dans les cœurs, que les Congrès ouvriers pcu,ent exercer sur un mouvement une réelle iuflucncc. A Bâle, \·arlin entra dans l'intimité des Bakouninistcs; il commença de participer à l'action t·ollcclivc que ces ré,olutionnaires poussaient sourdemcnl à ll·avers les sections de l'lnternalionale. D'autres rel~tions s'établirent aussi, qui convainquirent les militants français de lïmporlance internationale de leur t,chc. :\lutuellistes et proudhoniens se trouvaient unanimes sur la nécessité de la liquidation sociale; cl les uns cl les ault·es pensaient c1u'elle devait commencer pendant la révolution anti-impérialiste. Tous vivaient dans la certitude que la chu le de l'Empire était proche. L'I nlcrnationale décida que le prochain Congrès aurait lieu à Paris, le premier lundi de septembre. « ;'\ous u'avons pas besoin d'insister, écrivait alors James C.uillaume Cf L'l11trrna1ional1•, 1, JHJ sur la signWe-alion de cc vote. L'heure de la grande émancipation politique, sociale el religieuse approche! • On conçoit daus quels sentiments, apri·s <·es rc1H·o11trcs, npi-t'·s 1curs longues cl passion11éC"s con,crsations fl\·ec les ranrnriHl('s de l'élranger, les délégués frauçai:,,, d,•,aienl rrprcndr<' leur lâche. Leur courag-c :,C trouvait une fois c11co1·c hlimulé; leur l:îchr leu,· semblait d'autant plus grande, d'aul<lnt plus importante pour ra,eni1· du monde <1u'ils :H'nlaicnl lïntért:L de Lou:--les 0u,ricrs ruropécn-. tournt· :1lt>rs ,·ers la ~-raude lulle rc,olutionnaire c1ui s'engageait en FnHH'(', \ïngl•st•pt a11s plu~ lal'Ù, lorsqu'il éc1·i,ait son ai-ticlc sur les /Jêbut.-;du parti sociali:•dc fnutniis f Rt'PU<' polilù1w· el parlementa,·n•, 18Uï, I, p. (jj_, .\11,el'l Hichard avait gardé cette impression que • le Congrès de Bàlc ouvrit définitivement la période 1·évolutionnairc qui se LCl'mÎJu par la Commune» . .\ Il 1cu1c ou ils rentraient f!n F;aucC', en l'C milieu de :,eptcmhrc J8•i~', la situation politique était peu dairc. 1...1Empirc continuait à se <léhallr<' au milieu d,• difficultés de toutes so,·les, tantùt essayant de réveiller les ,cnlimcnts qui avaient étayé jadis :,oo autorité, tantôt se résignant <le mau\"aise grù.cc au!\. conccst-ions néccs~:-{it·cs. Avant les élections de mai, par Jcs poursuites cn~agées ronlrc les orateurs des rêunions publiques, il tn-ait tenté nous l'avons vu, d'agiter le spectre rouge, de ranimer la prur de l..i réYolution sociale. ~lais si la bourgeoisie libérale redoutail le soC'ialisme, c•llc se (Toyait désormai!; assez forte pou•· le contenir ou le_ gagner, sans avoir besoin d'un

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