Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

1115TOIRE SOCIALISTE nous revendiquons hautemenl, comme un droit primo,·dial, inaliénable, le droit de réunion et d'association, sans reslriclion aucune, et nous nous déclarons décidés à poursui\ re, par tous les moyens dont nous pouvons disposer, la discussion des projets des slaluts de notre (édération. • (Troi- .,ième procè.,, p. :H). C'est sur ces entrefaites, au milieu de tout ce tra\"ail d"organisation, que s'ouvrit le 4° Congrès de l'lnlernationale, à B:lle. II se tint du li au 12 septembre. Les ouvriers parisiens y avaient cnvoy,' une délégation nombreuse. Tous les mandants n'étaient pas arfiliés; mais les mandalaires promirent l'adhésion collective de leurs sociétés et forent admis au Congrès. La délégation française se ressentait ainsi du cnracti·rc de l'Internationale nouvelle, ,aste foyer de propagande plulol <1ue groupement régulier. Parmi les \'ingt-six délfgués français, il faut citer Aubry, assisté de deux camarodcnormands, délégn,'s de Sollevilleetcl'Elhcul, \'nrlin, Landrin, ~lurat, Pindy, Franquin, des lithographes, Langlois, le proudhonien, le cordonnier Chemalé, Tartarel; Albert Hichard et Uako11uine, <1ui, a\'CC deux autres camarad<'s représenlaient le, sociétés lyonnaises; Boudet de la section de Limoges: enfin Tolain, dont le rnutuellisme n'avait pu hou,·er une délégat;vn â Paris et qui représentait les délégués de ~larseille. Les mutuellisles, en efl'et, qui se111aient de plus en plus décliner leur influence, a,·aient fait à Paris des elîorts désrsp•'rés pour se faire déléguer au Congrès d,, llt\lc par les so,·iélcs 011, rières. Dans une lettre du 3 septembre, qu'il faisait porter à Richard par un congressiste ,, lltile, et dans laqudle il lui recommandait vivement de s'entretenir a,cc Yarlin, Malon lui décrivait comment ils avnienl drmandé, les uns et lrs autres, à de grands journat" parisiens de les choisir comme conespondanls, et de leur payer les frais du ,·oyage, afin d'obtenir plus facilement les délégations des sociétés. ;\lais • leur pelit projet arnit en partie échoué•. - • Je crois, conduait~lalon, que somme toute la majorité des clélégu,'s de Paris sera collectiviste •· Les collecti\'istes, en effet. l'emport~rent dans les syndicats par·isiens; et, ils remporli•rcnt également, quelques jours plus lard, au Congres rnL'me, où ils innigèrenl au:\ Proudhoniens une dëfaitc dCcisive. :'ious ne pournns ici que rappeler brièvement les résolutions du Congrès. Elles sont d'ailleurs célèbres. Tout d'abord, malgré les instances du vieux Rittinghausen, il refusa de disculer la législation directe par le peuple, parce que la question n'avait pas éte portée à l'ordr~ du jour el parce que l'Internationale maintenait sa résolution de ne• participer ù aucun mou"cmcnt politique qui n'aurait pas pour but immédiat et di1·Prl l'émaocipalion des travailleurs •· l.a législation direct, ne tendait-elle donc pas ,1 ce but? Cerlains le croyaient comme Liebknecht; mais la majorilé du Congrès, confiante en la croissance rapide de l'Internationale, Üat dans les 1::1ats,pensait avec Hins, le délégué belge, que l'h~ure était proche où son gouvernement ne tarderait pas à se snbsti-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==