352 IIISTOJRE SOCIALISH: septembre, que dès le retour des délégués, de nombreusee sociétés adhèreraient. Mais il ue surnsait point de faire adhérer les sociétés à l'Internationale; il fallait rendre possible une action commune, établir, pour ain~i dire, une solidarité plus régulière <1ue celle qui se manifestait, d'une manière intermittente, par les souscriptions. Déjà les typographes avaient pris l'initiative d'un groupement régulier de professions diverses. Ils uvaieul créé la Caisse fédératiPc des cinq centimes, ou, comme on l'appelait, la Caisse du sou, dont les adhérents s'engageaient à verser cinq centimes par semaine el qui avait pour but le prêt mutuel en cas de grève. Les hommes de l'Internationale souhaitaient une organisation plus forte. Dès le mois de mars 186\l, la société des ouvriers bronziers qu'ils inspiraient avaient soumis à la Commission ouvrière, qui siégeait encore, un projet de statuts d'une C/u1111brefédérale des sociétés ouvrières de Paris. L'année d~vait s'écouler· s~ns que la Chambre fédérale fùt définiti,-emenl constituée; mais dès le mois de mai, les réunions des délée-ués commencèrent d'assu1·er à Paris une action comrnune des sociétés. En mai, lorscrue, sur un appel de Varlin, les délégués de sections ou de gr·oupes corporatifs se réunirent aux Folies-Belleville pour dJcider l'envoi de représentants au Congrès de B.\le, ils adoptèrent en outre le projet de fédération syndirale. • Ce pacte, disaient les statuts, a pour objet la mise en œuvre des moyens reconnus justes par les travailleurs de toutes professions pour les rendre possesseurs de tous les outillages cl les créditer, aûn qu'il; puissent se soustraire à l'arbitraire du patronat el à l'exigence du capital... La fédération a également pour but d'assurer ,, chacune des sociétés adhérentes, dans le cas de grhe, l'appui moral cl matériel des autres groupes au moyen de prèls faits sous la responsabilité des sociétés emprunteuses.> (T,·oisième procès, p. :10-311. Les militants de toutes tendances, proudhoniens ou collectivistes, Tolain, Murat ou Varlin se r·etrouvaicnl pour collaborer à celle œuvre d"organisalion, purement corporath·e, mais qui devait compléter peu à peu les forces de l'Internationale. Le 20 juin, une nouvelle réunion eut lieu : on y discuta déjà des affaires courantes, de la grève des bronziers lyonnais, par exemple. Mais les autorités commençaient de s'inquiéter: l'union régulière des sociétés corporatives leur semblait trop propre à dissimuler !"action socialiste et ré,-olutionnaire. Les réunions furent interdites par la préfecture. Des demandes d'explication au préfet, au minislre, restèrent sans réponse: les ouvriers s'adressèrent à l'opinion publique ( Troisième procès, p. 22). Le 12 septembre, le Siècle publia la protestation ou,•rière : • l~tre ou n'être pas, disaient-ils, en droit comme en fait, telle est la question à résoudre; nous ne pouvons subir plus longtemps cette situation de dupes qui nous impose, Îl nous, tra,•ailleun, tous les devoirs et qui réserve à quelques-uns tous les droits. Ausoi, convaincus que nul ne peul limiter le cercle de nos études el de notre action,
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