IIISTOIRE SOCIALISTE l'idée même que la classe ouvrière se faisait de l'lnlcrnationale, secourir les travâilleurs on lutte; el il:-. devaient d'autre part les organiser, les entrainer dans la gra11de lutte qui se développait : « \'ous nous direz, écrivait encore Varlin à Aubry (8 janvier 18G!l), si les efforts faits par vous près des cotonniers des autres maisons (pour les décider à la grève) nous permettent d'arrirnr i, un résultat favorable. Dites-leur bien qu'ils doh·cnt se soutenir entre eux d'abord, afin de mé1•ite1· l'appui de leurs frères des autres pays dans le cas ol1 la lutlc se généraliserail. Dites-leur surtout q t'ils doivent se grouper, s'organiser, se solidariser, entrer dans la li'gne internationale de.'< travailleurs pour s'assurer le concours de tous et pouvoir parer à toutes les maLivaises éventualités. • ( Troisième procès, p. 18). C'était, on le YOÎt, par un effort d'organisation corporative que se ll'aduisait lïnte1Tention de l'lntcrnationalc dans les grè"cs. Varlin, Malon, Combault, Camélinat, - il ne faut point l'oublier - étaient arnnt tout des syndiqués, des membres des sociélés de résistance; cl c'était par l'élargissement nalu1'cl de lcul' action co"porative quïls en étaient venus à coucevoir et pratiquer la politique ouHièrc, que formulait l'Internationale. Or, plus que jamais, le prolétariat semblait alors disposé à les écouter et à comprendre l'utilité de la loesogne syndicale. Les t1·a,·aux de la commission ouvrit'-rc, les réunions du passage Haoul avaient donné une nou,·elle impulsion aux associations professionnelles. Ue 18G8 à !870, elles se multiplièrent. En 1.868,c'étaient les ébénistes, les tailleurs, les peintres, les mécaniciens qui s'étaient organisés. A la ,·eillc de la guerre, ces derniers compteront ;;.000 membres. l~n 18ü0, ce fut le tour des chapeliers de Pa,ûs, des tisseurs de \'clours uni, à Lyon, des charpcntie1·s de Paris, des porcelainiers de Limoges. Cf. Paul Louis, Jfisloire du mom1ement syndical en Fr.nnce, p. 12(; et sq. Ces organisations syndicales offraient pour ainsi dire aux socialistes un nouveau champ d'action, et plus sùr, que les réunions publiques. Au lieu d'ouvriers dispersés, c'étaient désormais des travailleurs organisés qu'ils pouvaient espérer gagner en bloc à l'Internationale, et par elle, à l'action révolutionnaire .. \u lieu d'adhésions individuelles, c'étaient les adhésions collecti\'eS des sociétés qu'ils allaient sollicite,·. On avait bien ,fondé quelques groupes de travailleurs, susceptibles de devenir de nouvelles sections de l'Internationale, un Certle d'études .iociales, un autre groupe appelé les Travailleurs-Unis etc ... L'avenir n'était pas fa. L'avenir de l'Internationale, c'était d'obtenir peu à peu l'adhèsion directe des< sociétés coopératives» ou pour parler plus exactement, des syndicats. Dès aollt 1869, la société des lithographes avait rnté son adhésion. La société des relieurs conduite par Varlin adhérait déjà depuis longtemps. Peu à peu, d'autres sociétés discutèrent de leur adhésion. Et tel fut le mouvement sur la fin de 69 que Yarlin pouvait annoncer au Congrès de B'1lc, en
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