Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOI HF. SOCIALISTE en laine de \'icone, auxquels les secours des ouvriers parisiens étaient parvenus trop tard. Les grèves suisses et belges avaient également provoqué <les actes de solidarité internationale. En juin, le mouvement grandit. Les mineurs de la Loire, dont la caisse fraternelle fondée en 1866 n'avait pas craint de prendre part à la lutte électorale, engagèrent une campagne pour obtenir une augmentation de salaire cl la journée de 8 heures. Le 11 juin 1869, la grève était ü peu près générale dans le bassin. Le 16, un conflit meurtrier se produisit entre la lroup·e et les grévistes. Au puits Quintin, à la Ricamarie, il y eut du côté ouvrier 1'.l morts et 9 blessés. Quel<1ues semaines plus lard, éclatait à Lyon une nouvelle grève, celle des ouvrières ovalistes qui. provoquait de la part des ouvriers rouennais cl marseillais de l'Internationale un vaste mouvement de solidarité pour leurs sœurs lyonnaises. Paris, hélas! épuisé par des grèves nombreuses, ne pouvait leur adresser des secours ni prêter des sommes. Mais le Conseil général de Londres, par l'organe d'Eugène Dupont, secrétaire général pour la France, leur envoyait une adresse d'ardente sympathie. Sur tous les points du territoire des conflits semblables surgissaient encore, et le bruit courait parmi les conservateurs et les impérialistes qu'un mystérieux comité, travaillant à la chute du régime, les faisait éclater ainsi sur un simple mot ~'ordre. JI n'en était rien; et la correspondance de \'arlin el d'Aubry suffit à indiquer avec quelles préoccupations et quelles inquiétudes les hommes de _l'Internationale suivaient ce mouvement:" En voyant tant de grèves se produire à 1~fois, écrivait Varlin à Aubry le ü aoùl 18G9, nous avions craint de voiries ouvriers échouer dans la plupart des cas. Heureusement il en a été autrement, à Lyon surtout, où presque toutes les corpoaations qui ont grévé ont obtenu de ne plus faire que dix heu,·es de Lra\'ail. Je considère toujours la diminution de la durée de la journée comme un résultat supérieur à l'élé,~ation du salaire; vous savez pourquoi. « Quant à votre opinion qur. félément bourgeois n'a pas été étranger au.v deu.i· tiers des gri.•ves qui se so,tt ;produites dans ces derniPrs temps, Je reste tl'nn avis contraire ait PÔlre; mais je n'essaierai pas de ,·ous faire ac-cepler rnon opinion. Je n'ai pas le temps plus que vous d1engager une correspon• dance interminable Sl!r çc pqint. Si nous nous rencontrons à Bàle ou à Paris, nous en reparle.-ons. Cependant, si je nie que les bou1·geois soient intervenus daus les grè,·es, je rcc.onnais très volontiers qu'ils ont tiré tout le parti possible de cc mouveme,rt pour en /aire retomber tout le poids sur notre organisalio11politique el sociale, el précipiter la ré uolution politique r,, e.n-itant le mécontentenzentgénéral. Je ne puis ni Je regretter ni les en blàmer, car dans cc cas ils nous servent c,i mème temps qu'eux». (1i·oisiè1i1ePrd&s de l'/11/ernationale, p. 21). En présence de toutes ces grèves les militants socialistes ne demeul'aient pas inactifs. De '.plus en plus leur rôle se précisait': ils dc.-aient, selon

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