Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIRE SOCIALISTE :l47 ------------------------- Jules Simon el Pelletan fnl'enl élus. Dans l'ensemble <le la France, le nombre des ,·oix oblenus allestait les progrès accomplis par l'opposilion. Aux élections de 18()3, les candidats du gouvernement a,·aieut réuni :i.300.000 voix, les caudi<lals de l'opposilion 2.000.000; en 1809, 1Ps candidats du gouvernement n "oblcnaient <1ue 4.1,38.000 voix, ,l'opposilion passa il à 3.353.000. Le gouvernement perdait G62.000suffrages, l'opposition en gagnait 1.:;:,0.000, Mais l'opposition il l'Empire ne gagnait pas ,eulemenl en nombre; elle gagnait aussi Cil dgucur. Dans l'ensemble, les candidats orléanistes cl libéraux araienl été distancés par l'opposition démocratique .. \ux opposants modérés, de la généralion des Cinq, qui a,·aienl lcnlé d'accommoder leurs actes aux conditions de J'Empi1·c autoritaire, se substituaicul désormais les républicains de 1848 el de 1s;:;1 ou les jeunes ,irréconciliables. Les électeurs exerça.nt celle fois libl'Cmenl cl personnellement leur droit <le rnlc, avaicnl lcnu à faire des élections une solennelle manifestation contre le régime, une manifestation r<',·olutionnaire. Cf. pour les détails, Tchernotr, toc. cit., chap. XY : lœ élutio,u, de 18C!I à Paris el dans les déparœments/. Le socialisme n'a\·ail peut•ètrc poirrl IobLe:111 tous les progrès 1.p11il espérait. Dans l'ensemble, les JnLernationaux se déclaraicnl satisfaits. Au début <le la brochure que nous avons déjà citée sur le socialisme aux élections, .\Ibert Richard écri.-ait: •Somme toute, les socialistes ne soul pas méconlcots des résultats obtenus.~\ Pal'ÎS, des programmes fra11chcrncnt radicaux ont éti- publiés, et plusieurs ont réuni des milliers d'adhésions'.✓J. A <lé!auL<le sièges, les socialistes compLaicnl leurs rnix. Surtout ils se félicitaicut, comme d'un gage donné ù leur·s espérances, du succès des républicains radicau~x, <les irréconciliables: 1< Les socialistes politiques, écrhait ~laloo quelques jours après le premier tour, sont dans la jubilation. l.es libéraux sool atte1Tés; ils se disent voir la Liberté, le Constitutionni'l, Paris, le Journal de Paris, !'Opinion natio11alc, elr ... ) ,aincus, et rC'prochenl au gouvernement d'avoir amené le triomphe des ré,·olutionnaircs soda)islcs par ses défis maladroits. Pour moi, cc que dans ces élections je ,·ois de plus heureux, c'est la déchéance totale <le la presse libérale. Les Parisiens se sont souciés des listes de journalistes comme de ran quarante_. l'éch('c de Garnier-Pagès, Carnot, Jules Fa,-re ... en est une prcu,·c manifeste. Quant à la presse ra<lieale, la ridicule défaite de Baudin lui apprendrait à \"Ï\"l'esi les exemples pouvaient servir <le quelque chose à ce cancer social qu'on nomme la .boul'geoisic. )lais en ,·oilà assez, n'est-cc pas, sur l<'s élections! Si nous n·2.,·ons pas à nous en.aréjouir outre mesure, nous a11t'Îons mauvaise grùce à noùs eu plaindre; le radicalisme ré,·olutionnafrc a pesé de tout son poids dans la balance et nous sommes aussi cl surtout riwolutionnain•s 1✓, (Lettre à Albert Richard, 28 mai c;9 • Telle était l'impression générale qu'à la nouvelle des résultats, James Guillaume Ccri,·ait, lui aussi, dans ses montagnes suisses; ~ .\ P;u·i.set à Lyon, le socjalismc a triomphé au scrutin; la république· bourgeoise est battue ; Raspail, Bancel, Crunbclla sonl

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