Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIRE SOCIALISTE Lhodcs qui leur semblaient devoir le plus rapidement entrainer les foules réveillées vers la République sociale. A Rouen, toul d'abord, Aubry se contenta de rédiger un proi:rarcmc de revendications. A ~larscillc, un vieux proscrit, Lcballeur-Villiers, se présenta bien comme candidat contre Gambetta; mais ,Bastelica )ui-mèrne écrivait clans ses lettres qu'il voterait pour le tt'Îbun .. \ Lyon, on avait eu l'idée de candidatures ounières, mais Bancel bien lot avait posé la sienne et l'enthousiasme républicain qu'il avait suscité chez les électeurs lyonnais, avait fait hésiter les socialistes. «Après s'être demandé, raconte Richard dans sa hrochurc sur le Socialisme à propos dos èle1·tions de lSli!/ (Lb 56i2333J, s'ils devnienl tenir rutcun compte de ce grand mo,wement politique et l'entraver au besoin pour nwr<'her directement à, leur but, l'affranchissement du travail, ils se firent une 1·épon!ie négative•· Le premier mouYcment avait été celui qu'inspirait la mah-eillance el l'hostilité foncières des chefs républicains lyonnais; i, la réncxion, la meilleure politique, la politique de pénétration socialiste, si habilement pratiquée par les travailleurs parisiens, était apparue. Les socialistes lyonnais pas plus que les autr·cs n'avaient le goûl de l'abslcnlion. Ils se rappelèrent que Bancel représentait la liherté politique el que la liberté politique était nécessaire au clé,·eloppemenl du socialisme. Ils soutinrent donc l'illuslr·e proscrit: mais ils lui demandèrent d'adhérC"1';]trois points de leur programme, à trois de leurs re,·endicalions qui leur semblaient trois conditions nécessaires de la liberté sociale, l'impùl propol'lionnel et progressif, la suppression des monopoles d'J~tat, la créalion, pour juger des différends entre patrons et ouvriers, de l1·ibunaux d'arbitrage char·gés de déterminer les salaires, de fixer la journée de travail, enfin « d'assurer clu tra,·ail i, Lout le monde, même aux dépens des capitalistes si rela ëtait nCccssairc )1. Bancel fit quelques rescrvcs; les laternalionaux purent rependant en faire leur candidat. A Paris, enfin, si les Proudhoniens s'att,trdèrcnt encore aux tenlath·cs de canclidatur·e• ouvr·ières, rom me celle de Briosne, les collectiYisLes n'eurent qu'un souci, à sa,·oir qne « Je parti socialiste s'affirm:H ». l/esscnticl parut de formuler· les revendications socialistes, et cc fut le but d'un manifeste signé de membres de l'Internationale, parmi lesquels il faut relever Bourdon, Fruneau, lléligon, Parent cl Varlin. Ils réJ:lamaient une entente de tous les socialistes pour rétablissement 11 d'un p1"tograrnmc commun >); et c'était c-n \ï1C de cc programme qu'ils formulaient treize réformes urgentes, entre autres la suppression des armées pcrn,anentes, la suppression du budget cles cultes, l'élection des magistrats, l'établissement de l'impôt progressif, « l'expropriation de toutes les compagnies financières et l'appropriation par la nation, pour les transformer en services publics, de la banque, des canaux, chemins de fer, roulages, assurances, mines». Les résultats du scrutin, on Je sait, comblèrent les espérances républicaines .. \ Paris, Gambetta, Bancel, Picard, Raspail, Ferry, Jules Favre,

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