Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIRE SOCIALISTE triomphe. Et s'il y a,•aiL encore quelques mois auparavant, des auociations secrètes, répuhl.icainC's, ~ rommunistcs » <'lies a,·aicnl été i;;i bien 1urvcillécs cl Lraquécs que leur l'('sislancc dcvail être vaine. La rési:-.lancc de la pro,i11cC fut une surprise pour le prince et son cntou• rage. Oans une douzaine de départements du Sud-Est cl du ccnll'C, des insurrections étlatèrcnt. Dans une \'Îngtainc d'autres, une agitation assez vive se produisit. Les grandes villes ne bougèrent point. Elles étaient trop bien ga rdées: le gouvernement avait prérn qu'elles pouvaient bouger. :\lais les campagnes! les paysans ! les six millions de suffrages bonapartistes! qui don c au rail pu imaginer qu1 il dc,·ait se produire dans celle masse une résistance aussi ardente? Le ;\"or·d ne remua point. A la nou, clic du coup d"l~tat, quelque s exilés du 13 juin 1,9a\"aient pénétré en l<r·anre; le froid accueil des po pulations les avait contraints de repasser· la frontii-r-c. A Lille, à Cambrai, à Reims, i;uclqucs manifestations avaient été tentées, ,·i)e dispersées. Les répu blicains, un peu plus nombreux :1 Nancy, à Strasbourg, à Dijon, il ChàtiJJon-sur-Scinc, furent également arn'tés dans leur tentati,·cs. L'Ouest ne bouge a pas non plus : à peine l'ex-ministre 'I rOu\"é-Chauvel souleva-t-il pendant tro is joul's la petite ville de La Suze. Les départements du Centre, eux, étaient connus pour leur zèle républicain: la polilique réactionnaire des dernières anuées y a-mit amené, on se le rappelle, des soulèYcments. Plusieurs d'entre eux avait été mis en état de siège. Legou,•er-nemcnl n'avait pu cependant étouffer toutes les forc es démocratiques. Le 1, décembre, à Orléans, il falJut l'int~n·cntion de la troupe pour arrêter les représentants ~lartin et ;\lichot qui entrainaient la foule . Le 6, répu• blicains et gendarmes se battirent it Montargis ; le 7, à Donny-sur-Loirc, 1,00 hommes se levèrent, el pillèrent de ses armes, la caserne de g endarmerie. Dans l'Alliel', le 1,, les « républicains démocrates-socialistes » du Donjon, marchè-rcnl sur la sous-pl'l•fecture de La Palisse, s'en emparère nt un instant, mais, le 5 au soir, réfoul<'s chez eux, furent désarmés. Le géné ral Aynard confis<iua leurs biens: depuis 1815, on avait oublié ce moyen de répression. En Saône-et-Loir~, quelques villages seulement bougèrent, ma is furent vite découragés par l'inaction de :\bicon. Dans le Jura, Poligny s eul s'agita; et les réfugiés français, qui avaient passé la frontiérc suisse, fu rent arrêtés avant d'avoir pu soulever ]es montagnes. ~lais dans la 'ièvre, où les haines des partis étaient violente s, où la population, en majorité dérnocl'ale, attendait, dans l'impatience cl dans la fièvre, la grande année n'no,atrice, dix huit cent cinquante-deux, l'état de siège proclamé depuis octobre n'avait fait qu'exaspérer les cœurs. A Clamecy, les ;\lillelot, l'imprimeur el ses deux fils, haïs de'la bourgeoisie conservatrice, menacés, dès le 3, d'arrestation, résolurent« d'acc omplir leur •

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