Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIHE SOCIALISTE 403 devoir», de faire rcspectcrla constitution. I.e .5décembre, au soir, l'insurrection armée éclata: et les paysans ,·inrcnt pour la soutenir. TC'Jlcs i-taicnt les haines que des meurtres furent commis. Ces mC'ul'trcsch;couragCrcnt les niodérCs; les nouvcll~s de Paris achevèrent la déroute. l.r dimarwhc, c'daitle 7, « le comité révolutionnaire social )> dut se rcndrC'. <( l.a Hépubliquc sociale), était vaincue à Clamecy. Le 8, les troupes arni<•11l dispersé les paysans de l'Yonne et des canlüns voisins qui accouraienl. Spontané111e11t aussi, les dépal'lrmcnls du fiucl-Üuf'sl se soulc,·èrcnl. Ils avaient connu bien des variations politiques. un C'nlhousÎa:,mC répt1blicain exubérant en L8l18, une réartion ùprc cu 18'•0; enfin, depuis ]ors, par une progagande méthodique, patiente, un rcnou\'cau de l'épuhlica11i~111rrt de démocratie. U11eforte garnison tenait Toulouse: le pr,'frl llaussman11, un préfet it poigne, appelé,, de hautes destinées, en imposait 13ordcaux. ~lais, cnt,·c ses deux capitales, tout le Sud-Ouest remua : le Lot-et-Garonne, le Ce,·s s'insurgèrent presque en entier. Dans le Lot-et-Garonne, Lavardac, Bruch, Xaintrailles, Yillcncu\'e cn,·oyl·rent sur Agen des colonnes républicaines. A Marmande, les républicains modérés pr·cnaic11L des <lécisions ,·évolutionnaires, suspcndaicn.L le sous-préfet, nom111aic11tun aucicn chef d'escadron, Peyron né, commandant supérieur des gardes natio11alcs de l'al'rondisscmcnt. et organisaient à lcu1· tour une colonne républicaine. La peur qu'avait Peyronné des démocrates a,·ancés, des Ou\'riers, « des furieux qui ,·ou laient barl'icadcr la ville >i cmpècha le mouvement de prendre tine allure un peu sérieuse. Ici, encore les nouvelles de Paris ad1c,·èrcnt d'apaiser l'enthousiasme constitutionnel. Le 9, l1al'mée de Peyron né était dissoute. Dans le Gers, également, où les démocrates étaient encore assez fo1·ts, pour pouvoir se distinguer en républicains modé1·és cl en démocrates-socialistes, les campagnes se soulevèrent. Les démocrates d'Auch rédigèrent un appel aux armes. Les « bons citoyens » des campagnes accoururent ,·ers la ville« pour concourir à la.défense de la République et de la Co11stil11lion. » Pour le bonheur de l'l;:lyséc, celle Vendée républicaine manq11ail de rhcfs. Une collision sanglante avec la troupe amena $3 dissolution. ~lirande, d'autre part, était rcsléc trois jours aux mains d'autorités révolutionnaires. Quant au Sud-Est, il fut, lui aussi, violemment 1·emué. De Lyon à ~larseille, de Perpignan it Toulon, depuis le début du siècle, blancs et rouges bataillaient sans cesse : les haines étaient toujours prèles à se réveiller. D'instinct, les républicains sentirent que c'était à lcul's adversaires, que c'était aux blancs que le Coup d'Etat devait profiter. Depuis 1849, depuis que la réaction cléricale avait permis aux royalistes de relc.-cr la tète, la lutte, en effet, était redevenue plus t\prc: la société des )lontag11a1·ds avait rallié beaucoup de républicains; les chambrées, les ,·éunions de café avaient étendu la propagande: ·1e premier moment de surprise passé, des ,nasses se soulevèrent. A Béziers, le 4 décembre au matin, les autorités sans méfiance,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==