Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

lllSTOIRI': SOCIAI.ISTF, unanime se préparait à ,·oter à Home l'infaillibilit(· pontificale cl l'érection en principes des négations du Syllabus. Par quelle bizarre contradiclioa, it. ce moment ,précis, Je gou ,·ernemenl en venait-il à réaliser des réformes libérales? La versalil.ilé impériale est connur. -:--apoléon 111 n'avait jamais été l'homme que des demi-décisions: l'iufluruice cléricale elle-même de\'a.it réveiller en lui ses vieux i1u;ti11cts libéraux. Ce fut sui tout à ('Cl.le époque que le démocrate sincère qu'était Duruy sesentit le plus intimement d'accord avec lui, contre les Chambl'cs clles-rnt.'·mcs ou les autres ,ninistrcs. Puis, les crises de maladie se succédaient plus fréquentes, rendant plus pénibles cncore les résolutions à prendre, plus lourdes les 1·csponsabilités. Toul poussail l'Empercur i1 se déch:.ngcr: la lutte, tout près de lui, de ces influences opposées, avec lesquelles il ne savait mènlc plus n1scr et dont il se sentait devenir la proie, les difficultés succcssi,·cs oü s'embarrassait sa politique cl ses échecs presque inintrrrompus, enfin l'espérance d'apaiser quelques revendications, de regagner quelques partisans par des ronccssions qu'il estimait opportunes. Peu à peu, malgré Houher, )'Empereur se trouvait enclin à écouter les cooi,cils d'011i,·ier, cl d'autant plus que les imaginations naïves cl persévérantes du député libéral lui fournissaient le moyen de se faire encore illusion, de se duper lui-même .. \ l'heure otl son pouvoir ébranlé chancelait, a l'heur(' où, pour des raisons intérirurcs el sous l'effort de l'opposition croissante, le régime autoritaire craquait de toutes pa1·ls, les 1éformes libérales dc,·aienl faire illusion, faire croire:'~ Lous et à l'Empereur lui-m,~me ·que, l'ordre établi, l'heure de la liberté venait de sonner el que l'édifice, scion la formule famC'use, allait recevoir s011 couronnement. (,!uclques mois avant les lois libérales, notons-le bien, la loi de réforme militaire a"ait été volée (en février'; après .une vÎ\·c opposition du parti r-épublicain qui redoutait de· fournir à son ennemi de nou,·clles armes, la Chambre avait concédé au gouvernement le service <le neuf ans, divisé en deux périodes, cinq ans <l'armée acLi\'e el quatre ans de réserve, cc qui devait donner 800.000 lwmmes. Dans la loi militaire, eomme dans les lois libérales, c"éta.it up reoouvellemoul de forces que l'Empire s'efforçait de lr<luver. Oans les de= ~omaines, il ~tait trop "tard. Le -gou,-erncment n'avait plus le prcst,ige Hécessaire pour faire acoeptcr à la na.t.ion les sac,·ifices qu'il lui demandait; il était devenu trop faible pour empêcher que les libertés, ainsi restituées par lui, ne fussent mises en œu~re contre lui. Il ne larda pas à s'en aperoevoir pu l',usage qui lut fait dcsdemi-lil,er!é,; c,mcédées il la pi-esse. La loi était,à peine promulguée que Lesjolll'.naux ,é:publicains se multiplièrent. Les élections approchaient; elles devaient en effet awoirlieu œ mai 18H9. De bons insLJ•umeo.ts de propaga.oidc étai.cul u.6ces- .....,es. A o6Lé dos ~ie.t11 organes, du Siècle, de fOpinion Natio,,a/e {l.8:i9}, du T,emp• (18611 , ,et ,de f.J.veAir Naû·o,.aJ. que publiait dep,uis ,1865 le vieux répuhlicain.anti-olérical Peyrat, de nom·eaux paru1·ent : il~- eut la J'ribw•~.

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