aoo IIISTOIRE SOCIALISTE ministre libéral et ,-rai ment démocrate qu'était ~I. Dun1y, le seul ministre de Xapoléon Ill qui ait été un peu populaire, put, après bien des résistances faire aboutir la grande loi sur l'enseignement pl'Ïmaire. Cœut· droit, esprit élc,·é, démocrate impérialiste con,·aincu, mais sans basse pensée césarienne, Victor Duruy se proposait a,·ec confiance l'instruction intégrale du peuple. « Le jour oü 1'on a mis, disait-il, le suffrage univcl'scl dans la constitution et la sou,,crainclé dans le peuple, la libre concurrence dans l'industrie, les machines dans l'atelier et les problèmes sociaux dans les discussions journa1ièrcs des oun·icr"') on s'est imposé le devoir, pour sauver le travail national, l'ordre el la liborté, d'étendre par tous les moyens l'instruction et l'intelligence des classes laborieuses. » Depuis le début de 1863, le ministre était pl'êt; mais« tout le monde était contre son projet», c'était le minisll'C de l'Intérieur lui-m,'mc qui le lui déclarait. Cc projet avait été annoncé le 6 mars 1865 cl déposé en mai au Cqrps législatif. Cc n'est qu'en 186G que la commission l'étudia, en 18Gï qu'on le discuta. Il fut voté alors à l'unanimité. La loi du 10 avril 1867 obligeait toutes les communes de 500 habitants cl plus ,, entretenir une école de filles; elle autorisait toute commune étahlissanl la gl'aluilé absolue, it voler une imposition extraordinaire de 4 centimes. au principal des quatre contributions directes; elle établissait la caisse dcsécolcs. l.a loi allait avoir pour effet la c1·éation de 8.000 écoles de ville, el de 2,000 écoles de hameau. Au même temps, sous l'impulsion du ministère, les cours d'adultes commençaient ü prendre une extension tout it fait rcma1·~ quable. Au même temps, la classe ~uvrière recevait une autre satisfaction. Elle dcmcurnit toujours engouée de coopération; elle allendait de ses sociétés, de ses sociétés de production surtout, ln suppression du salariat, l'émancipation totale. Les exemples qu'elle donnait n·etrrayait point trop Je gouvernement impérial : la masse ouvrière, ·en s'occupant fdc coopération, écouterait moins peut-être les révolutionnaires. En ouvrant la session de 1865, !'Empereur a,·ait déclaré « qu'il tenait à détruire tous les obstacles, qui s'opposaient à la création des sociétés destinées à améliorer la condition des classes ouvrières• cl il avait annoncé le dépôt d'un projet de loi. Les associations ouvrières n'avaient pas accueilli sans défiance cette trop belle déclaration. Le 19 février 1863, cinquante gérants ou membres d'associations avaient protesté contre l'idée• d'une loi destinée spécialement aux ouvriers• et réclamé le droit commun. \'éron déclarait dans son lin-e « que la liberté vaudrait mieux pour les sociétés que la plus ingénieuse réglementation et que les dispositions les plus fastueusement protectrices ». Une enquête fut faite. La rcajorité des sociétés réclamèrent la liberté de se constituer comme elles l'entendaient, le droit de réunion, la réduction des frais de publicité. C'est en 186ï, encore, le 24 juillet, que le gouvernement impèrial fit aboutir la loi. Elle n'était point parfaite, loin de là: et les associations coopératives de production°c11core régies par elle aujourd'hui réclament, on le sait, un
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