IIISTOIHE SOCIALISTE 30:1 instrnction cl pour son cnt1·ctic1,, en cas de décès du chef clc famille; enfin vaste cnquètc sur les conditions du travail. ;\lais quelle que, fût la qualité tic co labeur modeste, ce n'était point par lui non plus qu'on pou,·ait allirer les masses ouvrières. Or, Ü ce moment, aux cDvi1·ons de 18ûï, nous as-;istons co1nrnc à une 11ouvelle poussée du mou,·erncnt ou,Ticr que nous a\'011s, u naitre en 1su:J.(V.. La candidature ou,Tièl'o el la fondation de lïntc1·nationalc étaient sortis du premier: l'Internationale ré,·olutionnairc sot·tit du second. Cc n'est point parce qu'ils disculCrcnt avec les bla11quistcs ni parce qu'ils tinrent compte des opinions 11: <lu parti autoritaire», comme le dit Fribourg, que lês Internationaux conquirent la confiance- des masses ou,-rièrcs. mais pal'cC que l'é\'o)ution économique et les l·,·ènements politiques firent comprendre à des masses plus ét<'nducs la nécessité de celte orgauisation, et la contraignirent en même temps cllc-na~me à prendre ul1e allure ré,·olutionnaire. Il faut Je marquer tout d'aLord: l'année 18üï fut pour l'économie fran('aisc, un moment, sinon de crise, au moins de flëcliissemcnl. Le crédit se rcsscna, les affaires languirent. Le commcrccexté1·ieur qui a\'aÎl atteint 7.(H3 millions de francs en J8o:; et S.120 millions en 186!i, tomba en J86ï :, ï.()o:;; et la diminution portait cxclusi\'cmcnl sur les exportations. I.e:, escomptes de la Banque de France étaient tombés de (j milliards :;:;o millions en 18Gü it :; milliards ï2;l millions. A la lin de lS!iï, le bilan accusait le chiffre fol'll1idablc de un rnilliard neuf cent dix-neuf mille francs en <·aisse. C'est cc <1u'on appela la J:rève du milliard. Ce fléchissement, passager d~aillcurs, cl dl1 à des c-auses l,c-aucoup plus générales que la bataille de Sado\\"a ou !'Exposition universelle de JS!i7, ne pou,·ait mnnquer d'a\'OÎr quelques répercussions. La première, cc fut une rrcru<lese<-'n.cc de l'opposition protectionniste. Les p1·olcctionnistes - c'était de bonne gucnc - S("l'Cfu:-.aient à distinguer entrr l'a(·cidrnt qu1êtait celte r1·ise cl les résultats. généraux des trnilés de commerce. A Amiens, ü Lille, it Roubaix, l'agitation fut vive, surtout au dêhut de 1808. En mai de la mèrnc année, un g1·and déhal eut lieu {Hl Gorps Législatif sur le 1votcctiounisme et le lib1·e-échangc. ~lajorité cl opposants s'y dh·is(•rcnl. Les partis politiques, un momcul, disparurent. On a vu dans les Chambres de la Troisième République des accidents analogues. Pour la classe ou,TiCre mème, le fléchissement éeonomiquo fut se11siblc_ A défaut de statistique des grèves, la statistique des poursuites pour· atlcinl<' à la liberté du trarnil montre que les conflits de ti·a'"ail durent ,,t,·e assez fréquents en 1867. lfo 1865, clans les premiers moments de la libcrtc de • coalition, alors que les tra,·aillcurs s'essayaient à l'exercice du droit« nouveau, contesté, suspect» qu1on venait de leur accorder, les poursnitesa\"aicnt été nombreuses: 87 affaires, suivies de 112 condamnations sur il•3 préYenus. En 186H, on n'avait eu que 2ü affaires, englobant 130 prévenus, do11t. 120, d'ailleurs, avaient été condamnés. Or, en 18H7, nous notons un nou,·eau •
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==