302 IIISTOIHE SOCIALISTE l'ien des motifs de cette l'ésolution, Blanqui leul' Ol'donna de cesse!' l'attaque. Ces délégués n')' consentil'ent pas (Gelîroy, p. 2GO. Il y eut un violent désaeco1·<l, cl c'est pour le faire cesser c1ue tous les commctlants étudiants et ouvriers, avaient été convoqués, au café de la Renaissance, à la séance solennelle du compte-rendu 7 novembre GG. A c.ette réunion, Protot pel'sista dans la premièl'e attitude; Triùoo soutint le nouvel avis deJJlanqui. A la fin de la séance, la police survint; tous les assistants furent arrôtés, en tout 1,2. Protol seul avait pu échapper. En janvier 18Gï, ils furent tous condamnés, pour. délit de société secrète. La liste des abonnés du Candide était de,-enue, pour les juges, la liste des memb,·es de la société. On avait oublié pour la cil'constance que i\l. de Rotschild était abonné. ~Jais le vrai motif de l'arrestation el de l'aeeusation,était que les étudiants fréquentaient les ounie,•s. La police avait soigneusement relevé le nombre de leu~s réunions clandestines et dont le-;,iège Cl'l'~it à travers les faubourgs. Ses agents provocateurs pouvaient .dire comme les étudiants savaient convaincre cl corrompre. Tous ces évènements n'étaient point de nature à faciliter la propagande de l'Jnternationale. Un certain nombre de journaux, le Te,nps avec llrisson, la Liberte avec Pessard, avaient parlé sympathiquement du Congrès de Genève. n·une manière génCrale, le retentissement a,·ait été plus grand qu'on ne l'espérait. ;\lais ces articles passagers ne suffisaient jpas à rallier le monde ouvrier. Les révolutionnaires audacieux qui pouvaient attirer les minorités énergiques, contin1,1aicnt de décrier les lntcrnationaux ou même les accustienl d'avoir dénoncé ù la police la réunion de la Renaissance; cl les ouvriers timides, quoique soucieux d'améliorer leur sort par une action méthodique, s'inquiétaient de la situation incertaine de l'Internationale, tolérée toujours, mais déjà tracassée par le gouvernement. Sa Tribune ou.urière, on s'en souvient, avait été supprimée dès le l1e numéro. Au 1·etour de Genève, le gouvernement français avait saisi les papiers des délégués anglais, et il avait fallu l'intervention de l'arnb!HfSaclcur anglais ùJ>aris, pour les leur faire rendre. Enfin,le ,llénwire des délégués parisiens,impriq1é à l'élJ•angcr, n·avait pu entrer en France, parce quUls'6~étâicnt totalement refusés à y introduire un mot de rcmcrcimenl il l'Empc1·eur, pour -sa bienveillance cnver-s la c]assc ouvrière! J.e régime de loléranc.e, sonsleque] vivait l'Association, était, on le voit, précaire. Mais c'était d'autre part QVecune impatience indignée que quelques-lU1s comme Yadin subissaient ces entraves. Patiemment, cependant, Hs s'étaient remis ù l'étude et les projets allaient Jour trair. : projet de comptoir d'échange - ouquel il fallait bicntôl renoncer,_ rn le peu de membres dont on disposait; - projet de crédit mutuel pour mcllre successivement des groupes professionnels en possession de leurs outils de travail et réaliser ainsi l'émancipation d~ prolétariat; projet de « tour .d'Europe » pour l'enseignement professionnel; projet d'assurance mutuelle, pour la naissance de l'enfant ouvrier, pour son
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