IIISTOIHE SOCIALISTE 297 des Parisiens. qui voulaient se garder des int<'ll<'ctuels politicie11s, elle avait exan1iné cc-<1u'il fallait cnlcndl'c par 1t traYaill<•ur \); et si elle n'ayail pas décidé !"exclusion des étudiants et des journalistes, elle avait déclaré chaqur section libre de donner au mol • lravaillt•ur,, l'acc<"plion qu'elle jug<'rait con,·enablc. Peu d'é,·èncmenls marquèrent pour l'Internationale fran':.·aisc l"année qui s'écoula de septembre G5 à scptcmbrr Oli. Ln polémique ~wec \'ésinier. po111·• suivie depuis Londres, - la protcstatiou (·ontre la guerre, dont nous avons parlé plus haut, - furent presque les seules démonstrations publiques. ~lais • les Cravilliers • travaillaient. Ils lisaient, ils étudiaient. et dans leurs séances du jeudi soir, ils élaboraient consl'icncicuscmc11l le p1·o~ramrne oi1 ils voulaic11l résumer leurs doctrines. Ils Ycnaicnl d'ailleurs de 1·ctrouYer 1111 1lou,cl organe. Taudis que la Uù,e (,'ouche, surtout par les artitlcs de Lafa,·guc, d<~cl'l\'ait les g-rèves anglaises, signalait l'irnportanec capitale d(" ces luttes de classes, et t:ichait ùéjit de ri•pandre e11 France les pensées dircctrÏ('CS du Conseil gêné-rai, les Internationaux du g1·oupc parisien collaboraient au Courrier Français, dc\'enu presque alors leur organe officiel. L·heure est \'Cnuc de résumer leurs doctrinrs. Jls les formulCrcnl dans un Jlt!moire adresse au Congrès de Genève~ cl ol1 se trou"aient traitëcs les diverses questions de l'ordre du jour. Dans un long préambule, les délrgués parisiens rappelaient les caractères de la période nouvt."llc oü entrait, scion eux, lïrn111a11ité : le Tra\'ail, la Démocratie ,·culent a,·oir lcui· cxislcncc propre; ils ne veulent plus se trainer i, la remorque de lcu1·s patron~... " ni corn battre folJcmcnl pou1· le choix de leurs tyrans•· La Démocratie connait mt'lÎntcnanl la cause- de ses défaites. C'est qu'elle n'était point « capable •· De même que la bourgeoisie n'a triomphé à la fia du xv111e siècle que lorsqu'elle était dc,enuc" en talents, en science, en l'Îchessc, au moins l'égale de l'aristocratie. de m,~me la classe ou,Tière, « aprùs quinze années de travail opiniâll'C et de recherches laborieuses> tente maintenant de s·cmanciper, cl, cela. par l'.\ssocinlion internationale des travailleurs. La questiu11 capitale qui se pose à elle, c'est celle des« relations du capital et et du travail ». Le travail est l'acte par lequel l'homme s'approprie les forces de la nah11·e, cl transforme les malii-res premières qu'elle renferme, en sa propre substance. Le capital, c'est du travail accumulé. I.e travail d'aujourd'hui vaut celui d'hier: !"échange doit ètrejusle et récipl'oque entre travailleurs. L'inlérèt de l'argent est illégitime, immoral. Tous doivent ,~tre obligés de trarnillPr. Commenl réaliser cette société non utopique, tt celle nation de travailleurs échangeant entre eux et pratiquant la réciprocilP. et Ja justice?» - Annt tout, par le développement des facultés morales et matérielles des travailleurs, c'est--à-dire par l'instruction. Or cette instruction, elle ne peul être donnée par l'~:tal. .\vec Proudhon, qu'ils ont lu et relu, quïls citent et
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