298 JIISTOIHE SOCIALISTE rerilcnt, la majorité des Internationaux parisiens estiment que l'enseignement don nt'·par n::wt ne peut ètrc qo'uniformc, qu'il tendra fatalernent à modeler toutes les intelligences selon le même type, que« ce sera l'immobilisme, l'at<înic, l'atrophie générale au détrimc11t de tous». C'est dans la famille, dans la famille oü doit demeurer la femme, la mère, aujourd'hui attachée à 1'atr,lier, aujourd'hui Yictime d1 unc honteuse expioitation, que Fe11seigneme11t doit être donné. Si la famille n\ surfit, les pères pratiqueront entre enx l'assurance mutuelle. Yarlin et Bourdon - notons-le - ne furent pas de cet avis. Pour hiter l'injustice", pour assurer à tout enfant le bénéfice de l'instruction, ils réclamèrent, eux, l'enseignement par r1::tat, mais avec une liberté d'initiative et une n\riélé de programmes, auxquelles ont t1·op rarement songé nos modc1·ncs réformateurs. Précisant ensuit~ rétat de la société future, le :\lémoire se prononçait c·ontre l'associatio,;, - mot par lequel les Internationaux entendaient le communi!-mc autoritail'e, - et pour la coopération~ qui, au lieu d'annihiler les indi,·idus, d'en faire non <les personnes, mais des unités, « groupe les hommes pour exalter les forces et l'initiative cle chacun"· Les délégués parisiens co,\damnaient les grèves. La lutte du capital eCdu travail est, pensaient-ils, toujours mauvaise. Il faut lasupp1·imer « en établissant l'é<'hange sur les bases de ia ré'ciprocité N; ~n réformant l'enseignement proressionnel: en empêchant certaines branches de s'encombrer et de créer un surplus de bras disponibles, favorable aux pires exploitations. - Ils con• ciamnaient encore l'impôt, dernière forme de rantique sujétion, l'impôt que paient surtout les travailleurs et avec lequel on entretient des institutions dirigées surtout contre eux;«. en sorte que le prolétariat travaille non-seulement pour la caste qui les dévore (celle des capitalistes), mais encore pour celle qui le flagelle el l'abnrtit ;,. Ils condamnaient les armées permanentes, parce qu'elles sont destructrices de la production, en enlevant au travail des niillions d'hommes, en détruisant par la guerre le travail fait, en amoindrissant par la discipline la moralité du peuple. Ils dédaignaient enfin la querelle entre protectionnistes et libre-échangistes. Ce qu'ils youlaient, eux, c'était , la liberté d'organiser l'échange égal entre producteurs, service poul' se1·dce, tra,·ail pour travail, c1·édit pour crédit ,,. Ils ne demandaient enfin aux croyants de toute confession que de ne point faire intervenir« leur Dieu» dans les rapports sociaux, et de pratiquer la justice et la morale. Tout le mémoire vaut mieux que cette trop brè'"e analyse. li renferme des pages si_ncères, émouvantes, oi1 les théo1·ies du maitre se trouvent vraiment repensées, Yécues par les disciples. Je comprends l'attachement avec lequel en parlent les '"ieux militants qui collaborèrent à sa rédaction. Mais, replacé 1, côté du manifeste des Soixante, de tous les documents qui nous restent de la candidatur-e ouvrière et de la fondation de l'Internationale, il détone· bizarrem~nt. Les Yicilles formules, jaillies col1)ml! un cri de
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