Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

201i IIISTOIHE SOCIALISTE mais ils chcrl'lwicnt aussi de toutes les manières it gagner la confiance des prolétaire!- rêp11blicai11s. Le 111011,·cmcntouvl'ÏCI', que uous n.vons vu se dcssinc1· vers la fin de 1863, se dh·cloppail alors sous toutes ses fo1·mcs. Tandis que les coopé1·ateurs, en majorité l'épublicai11s, faisaient paraitre leur Association, tandis que ileluze préconisait l_e Crédit 1111 Tra,,ai!, le gouvernement impërial cl les Bonapartistes continuaient leurs tentatives pour faire appl'ouve1· et célébrer pa1· des ouvricn•, « par la rlassc ouvl'Îèl'c » lcS bienfaits dus à l'Empcl'cur ou encore altenuus de lui. Parmi les clients <le l'Empire. il en était de diverses sortes. li y avait le~ hommes que le finanrier llugclmann cnrOlait <lans la Société national(' pour l'e.rlinclion du prutpérisme. Ccux-lü faisaient appel ouvertement au patro11agc imperial (nrt. :! des statuts), et de mèmeque les catholiques invoquent lï11tcrccssiun <les sai11ts auprès de leur bon Dieu, ils « p1·iaicnl l1 Empc1·cu1·dc choisir pour intc1·1nédiaire de cc pl'Olcctol'al aupri-s d'eux .. , le duc de Persigny'» Quel style, cl quelles conceptions' ~loi11s avilis certainement étaient les hommes <lu Palais-Hoyal cl des brochures ouvriCrcs, comme le typographe Bazin qui collabvrait <lejuin,, août 1865 au journal le Pays.Comme l'opposition pademcntairc, au gré de Bazin, ne s'inquiétait pas assez des ouvriers 1 il faisait appel i1 !'Empereur; mais sa critique de l'étal social - il est hon11ête de le marquer - était au fond la mème que celle des ouvriers républicains. A l'Opinion 1Vationale, deux anciens amis de Tola.in, mais qui semblc11t s'ètrc arrêtés au quart du chemin, J.-J. Blanc, l'ancien candidat ou,-ricr cl Coutant sui,·aicnt le mouvement <les grè,·es cl continuaient de lutter pour la reconnaissance des associations professionnelles. En face <le toutes ces tendances, séparées souvent par des nuances presq uc i nsensi bics, et en présence des soupçons républicains ou blanqu istcs, les ouvriers de l"lnternationale avaient le devoir de préciser leurs conceptions. En juin 1SG5, ils avaient fondé la Tribune ouvnère: au bout de quatre numé1·os, l'a<lminist1·ation la supprima. De la fin de juin au milieu d'aoùt, ils collaborèrc11l ;, l'A,,enir National, lcjournal républicai11 fondé par Peyrat . .\insi se distinguèrent-ils bien des bonapartistes du Pays. litais ni leurs déclarations, ni la suppression de la Tribune ouvrière, interdite « moins pour cc qu'elle disait que pour cc qu'elle aurait pu dire un jour», ne pouvaic11t désam1e1· le groupe des proscrits de Londl'es ni les Bla11quistes. Comme nous l'a,·ons dit, i, la conférence de septembre qui i·cmplaça le le Congrès prévu pour cette aru 1 1éc H5, les Parisiens et les proscrits se heurtèrent: Tolain, Fribourg 1 Limousin el Varlin curent maille à partir avec Vésinier cl Lclubcz sur la question polonaise. Les premiers, fidèles à leur Lactique, it leur résolution de traiter uniquement des questions ouvrières, refusaient d'inscrire cette question à l'ordre du jour du pl'Ochnin Congrès; les an trcs dénonçaient cc refus comme une maoœuvre bonapartiste. La conférence se borna presque uniquement à établil' l'ordre du jour du Congrès, convoqué à Genève pour septembre 181)6. Pourtant, sur la demande

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