\ IIISTOIRE SOCIALISTE timidité et leur modérantisme, ces libres et , Î\'ants esprits allairul l~lrc poussés plus loin qu'ils 11c le croyaient cu,-m,~rnt'.'s par lcur!-1 patientes études, cl que la logique m<;me de leur action de"ait les pousser rux ou leurs collaborateurs immédiats ~1 la politique au sens larg-r du mot et ù la ré\'Olution: <Juclqucs-uns, fatalement, sans doute, dc\'aÎcnt s·arrt'·tcr ;'i nii-d1rrni11 ~ mai~ il ne faut pas oublier que Yarlin. que ~Jalon. que Canu'.·linat f111·enl des ou, 1·ir1·s de la première heure, des membres du prrmicr g-rand bureau (Fribourg. p. 3,,. . an•c Tolain ou Fribourg. Et de nh:mc que Tolain ou Limousin inspirés pal' la conscience de le11l' dasse étaient passés de la pure défense corporalÎ\'C ù la candidature ouvrière cl à l'a::-SOl'iation internationale, de même, par une é"olution naturelle, fatale, let1rs arnis allaient passer de l'étude un peu étroite <les questions sociales à une action ré\'olutionnaire, mais d'une forme nou\'elle, politique et sociale tout à la fois. Force nous est, hélas! de laisser de cùté toute la vi,antc histoire des théories de l'Internationale, - cl aussi la ,·ie quolidirnne de l'association même, du Conseil génl•ral, des sections natio11alcs, des groupes locaux, premiers germes semés sur le monde entier, - cl germes indestl't1Clibles, - de la société nou\'cllc ! Xous n·a"ons pu dans ces quelques pages que replacer l'effort d'émancipation du p1·oléta1·iat dans l'histoire du Second Empire. C'est à cela encore que nous devons nous borner, en parlanl de l'lntc1·nationalc. Donc en ces débuts de 18ü3. rue des Cra\'illicrs, '•'•, les Internationaux s'étaient mis~ l"ou,Tage. • Un petit poèlcde fonte cassé, apporté par Tolain, une table en bois blanc ser,·ant dans le jour d'établi à Fl'ibourg pour son métier <le décorateur, et transformée le soir en bureau pour la conespon- <lancc, deux tabourets d'occasion auxquels quatre sièges de fantaisie furent adJoints pltlS tard, tel fut pendant plus d'une année, le mobilier qui garnissait un petit l'cz-dc-chaussée exposé au nord cl encaissé au fond d'une cour, où se condensaient sans cesse des odeurs putrides. C'est dans cette petite chambre de !1 mètres de long sur 3 mètres de large que furent débaltus, nous · l'osons <lire, les plus grands problèmes sociaux de notre époque» Fribourg, p. 23,. Lenlement, dif(icilcmcnt, lc-s adhésions vinrcnl: des sections f~1reut formées à Puteaux, à Saint-Denis, à Yan,·cs, à Montreuil; - i, Rouen. au 11:.l\'re, à Caen, à Amiens, à Lyon, à Saiot-l~tienne, à Roubaix, des groupes furent créés. Quelques bourgeois donnaient leur adhésion; llcori ~lartin, Chaudey, Corbon, Ch. Beslar, Jules Simon mème ! Quelques journalistes parlaient syrnpathiquen1ent de l'effort ou,Tier. En sept mois cependant, on n'a,·ail point groupé plus de cinq cents adhérents. · Les secrétaires parisiens évitaient prudemment tout cc qui pou,·rlit a,·oir l'appa1·ence d'une rnanifestatio11 politique, tout cc qui au rail pu do nuer barre sur eux à l'administration; ils usaient de toutes les subtilités juridiques, afin de pouvoir poursuivre en paix leur rouvre d'organisation et d'éducation ;
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