Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIHE SOCIALISn: 2!ll Lafargue, les ine~aclitudes <le la première traduction française furent conigées (James Guillaume J, 283, la correction nH~nic parut tchdancicusc 1 et d'autant plus que la traduction nou"elle rendait as a means, pa1· ces mots: (( comme un t-i·implemoyc-r,, » •• \lors, en crfct, la qu{"rcllc ,'éle,·ait d<~jàentre marxistes et bakc;uninistcs, cuire socialistes soucieux de l'action poJitique et socialistes anti-politicicus. ~ Pout· les hommes de Londres, dit James Guilla11mc, Je-~ mols as o means étaient censés signifier que l1aclion politique était ohligaloÎl'C' ». Question de mots, dil'a-t-on ! - Bien sùr; mais quiconque a tant ~oit peu milité connait lïmpol'tanec des mots. De l8W1 à 1810, on peut <lire que toute l'histoii-e de l"Internationale parisienne et de tout le socialisme français tourna autour de celte simple phrase: « L'émancipation économique des tra,·ailleurs est le gTand but auquel doit t~trc subol'donné tout 1nou\'Cmcnl politique.,,. Toutes les inquiétudes, tous les doutes des esprits les plus compréhensifs, les plus avertis. tournent autour de cette phrase; Ions les tirailJemcn ls entre gl'ou pes, en lre 131anqu islcs et Inlel'na tio naux, tous les désaccords entre les hommes, entre les syndiqués de la p1·c111ièrr heure et les révolution naires de la seconde, se l'attachent, en dernière analyse, il l'interprétation <1u'ils donnent de cette pcnst~r, aux conséquences prali([llCs qu'ils en déduisent. Ici encore nous 11c pouvons donner quC" quelques indications: 111ais celui-là rendr·a un signalé scnic·r à la seiencc cl't111c part et:, la c·ons('icnce socialiste d'autre part, qui fe1·a l'élude minuticusr, précise, de toutes les formules émises de 18ü', ~t H~70 s111· les ,·apports de l'arlion politique cl l'action sociale. c·esl là 1111(' question capitale dans l'hi~toirr drs idl~es sociales it la fin dt1 x1xfl siècle. Lorsque la t1·aduc-tio11 <lu ri-g-lcmcnt J?l'O\'isoiz•c de l'Jntcrnatioualc parut, en cette Gn de 18(.i't. le paraf:raphc <.'11 question 1·rposa simplcmenl la question qu'a,·aient posée au <l~but dr l'n11nl'c le manifeste- des Soi~autc cl la canùidalure Tolain. :\lalgré le patronag-e <le ses t1·ois démocrates, on a,ait accusé Tolain de diviser, cl'afl'aiblil' l'opposition républicaine, de fai1·c ,·olontairemcnt ou non le jeu de l'Empire, de eétourncr la classe ouvrière de la ,-raie l11tle politiciue, de la lutte pour la liberté. l'arec qu'il réclamait, ùc l'Empire 1111~men, cs améliorations it la condition ouvrièl'C, il semblait plu'i ou moins indilîél'cnl à la forme politique. Etait-ce cette indifférence qu'exprimait la fameuse formule <lu manifeste? Henri Lefort, l'ami des prosci-its de Londres cl des I ntcrnationaux, le répn]Jlicain ardent, s'en inquiéta. Dans une lctt1·c adressée à l.elubcz le 4 fé"rier tsG:; el qu',, cité ;\J. Trhernolf 1p. 4;;3, il marque les scrupules ùe plusieurs républicains, entl'e autres de Horn l'écono1nistc, 1( qui, dit 1.cfort, comprend que nous mettons de cùté la politique et que nous croyons qu'on peut arriver à des p1·ogrès cconomiques indépendamment de la politique. Il dit qu'il y a une tendance f,\cheuse ,, cela d?ns une partie de la classe ouvrière en effet; c·esl le bonapartisme, c1 est la dérnocratie impél'iale ... » Or

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