290 IIISTOIHE SOCIALISTE « Que l'ëmancipation des travaillctu·s doiL êlrc l'œu,Tc des travaillrurs eux-mt·mcs, que les cfforls des travailleurs pour conquérir leur émancipation nr doi,·cnt pas lrnùrc it constituer de nouveaux privilèges, mais à établir pour tous ks mèmes droits et les ml•mcs devoirs; « Que l'assujettissement du travailleur au capital est la source de toute servitude politique, morale, matérielle; « Que pour celle raison, l'émancipation économique des travailleurs est le grand but auquel doit être subordonné tout mouvement politique; « Que tous les efforts faits jusqu'ici ont échoué, faute de solidarité entre les ouvriers des di,·crscs professions dans chaque pays, el d'une union fraternelle entre les trarnillcurs des diverses contrées; « Que l'émancipation des travailleurs n'est pas un problème simplement local 011 national, qu'au contraire ce problème intéresse toutes les nations ci,}ilisées, sa solution étant néccssaircm·cnt subordounée à leur concours théorique et pratique; « Que le mouvement qui s'accomplit parmi les ouvriers des pays les plus industrieux de l'Europe, en faisant naitre de nou,·ellcs espél'ances, donne un solennel a,·crtisscment de ne pas retomber dans les deilles erreurs et conseille de combiner tous ces efforts encore isolés; <1 P;.1rces raisons : • « Les soussignés, membres du Conseil élu par l'assemblée tenue le 28 septembrc 18GI,, à Saint-:\lartin's Hall, à Londres, ont pris les mesures nécessaires pour fonder l'Association internationale des Travailleurs; « lis déclarent que celle association inte,•nationale, ainsi que toutes les sociétés ou indi,·idus y adhérant, reconnaitront comme de,·ant ètrc la base de leur conduite envers tous les hommes la ,·érité, la justice, la morale sans distinction de couleur, de croyance, ou de nationalité; « Ils considèrent cornrne un devoir de réclamer non seulement pour eux les droits de 1'hon1mc el de citoyen, mais encore pour quico11que accomplit ses devoirs. Pas de droits sans devoirs; pas de <le,·oirs sans droits. C'est dans cet esprit qu'ils ont rédigé le règlement pro\'isoirc de l'.lsso• cintion internationale. » Dans le premier \'olumc de l'ouvrage capital,qu'il est en train de publier sur l'Internationale (L'Internationale, Documents et Souvenirs, l/jt;t,-Jl:!ï8i, James Guillaume a fait des différents textes de ce manifeste, - <1ui, fut adopté définitivement en 18GG par le Congrès de Genève - une critique minutieuse et importante. JI a relevé les inexactitudes de la tradition française. L'une de ces inexactitudes doit nous arrêter: par la correction mème dont elle fut l'objet plus tard, elle est un évènement historique. Le texte anglais disait que« l'émancipation économique êta.il le gran.:.l but auquel tout mouvement politique doit être subordonné comme 11n moyen(as a 111ean1) ;i,. Ces mots • comme uu moyen • ne se trouvaient pas dans le texte françai,. Lorsqu'en 18i0, dans une nouvelle édition, el sur l'init.iative de Paul
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