292 IIISTOIRE SOCIALISTE Lelubcz répondait: , :'iotre déclaration de principes n'a pas été très bien trad11itr, et 111êrnr quelque fois le sens C\t complètement changé •; N il donnail la tra<l11l'lion cxartc du pal'ngraphe anglnis : • comme un moyen •· lnrontestablcmcnt, cependant, a,·cr la traduction exacte ou inexacte, une di\('l'g't'ncc existait parmi les socialistes <Hl dans l'Internationale mèrnc. Les uns, demeurant dans la pu1·c tradition du républiranisme social de 18:V. ou de lll',8. entendaient N que la réforme sociale était le but, que la rérnlution politique était le moyen n, le moyen nécessaire, inéluctable, dont il se faudrait ser"ir pour atteindre le but. Les 131anquistes étaient de ceux-là. Ils n'admettaient point de République qui ne fût sociale: mais ils ne croyaient point non plus c1u'on pùt réaliser une parcelle de socialisme sans avoir préalnblrrncnt rem·e,·sé l'Empire. l.rs candidats ouvriers, les fondateurs ou\'rÎCl'S de l'Internationale, estimaient au contrai1·c que la lransfornrntion politique était vainc si clic n'était pas l'expression d'une tmnsformation soci.dc. Ils pensaient au fond que c'était à l'améliorntion de la C'Ondition ouni_ère qu'il fallait d'abo,d t,·availler. et qu'une révolution politic1uc faite par des ou,ricrs non org-anisés, miséral,les et ignorants, serait socialement inefficace. Ils pC'nsai<'nt que la t,iche prcmil•rr était, mt~rne sous)(' n'gimc p1·l•scnl, d'ohtC'11il'lcs n_'·forrnes indispensables :1 la vie 011,Tière. Et. 1·épublicains très fo1·mcs, tn;,s dé<·idés sou,cnt. ils <"Onsid,~raicnt li.l bataille politique comme • subordonn(•l~ •, c'cst-:1-<lire c-ommr secondni,·c.,, En lisant cc passage. - toujours le palagraphc s111· les drux artions, - raconl<' Fribourg [.,'asso<·ialion i11ternn/i1Jnole, p. 131 note J2. Tolain ne put se défendre d'un mou,·C"mcnt de joir : ,, Eu fin, dit-il, n :1 sr'-i collègu(',, on ne pourra plus dire que- c·c-st nous seuls, qui ,,oulons "ab:w/umenl qne la question politique ne passf' pa:; awu1t to11l. ,,. Les intc1lccln<"ls pro11<lho11irns, <'ornmc \"rrmorcl, précisaient aussi tette pcnst~C. Dans le JH·<'rnit.·r nunu:ro du Courrier /'rnnn,is. <1uïJ.., \"Cnaicnt <le rcconstit,ucr, il.., dPfinissaicnt ainsi leur prngramm<', l'l les Internationaux de Paris s,hcmf'nt l'aurait'nt t·ontrc!-Îg"n~: .- S'attaquc1· aux fo1·rncs du gou,crncmcnl qui ne so11t, aprê!-. lout, quf" l'r,prcssion de l'étal soc-inl, <'(' serait se bris~r a,tu~lt·mC'nl contre la foH.'<' <les cho,C"s: 1.~lalors même <JUP nous pan Î<-ndrions i, l'~branlC'1' ù not,·C' p1·ofit, elle ne tarclcrnil pas à se 1·clournc1· fatalement t·ontrc 11011•,;. c·,•st dans s,'.'l t"llftse.'l l't;ritables - lï'gnortlll"t' el la 111/,-.,.•re - qu'il faut a/lnq11rr et vainl're le despotisme moderne . .\ l'art ion politique nous voulons substituer l'at·lion socinlt~ •· C1,ne, angoisi;antc question CJU"C le prolétariat républicain ne pourra jamais rt~!)Ot1dre définitivement, qui sr posera et se rcpost'ra constamment à l11i,j11squ'aujo11r oi, il l'anrn supprimée par l'éLablissementcle la République Social,, ! - C'est elle qnc nous relrou,.erons après quelques mois, sous une forme nouvelle, dans les lullcs entre marxistes et bakouninistes; c'est elle qui crée les premiers tiraillements entre le bureau de Paris et Henri Lefort,
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