Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOlllE SOCI.\LISTI·: de\·ait affranchir la JHPssc de rarbitrai,·c administratif, l'autre dc,·ail rendre partiellement au moins le droil de réunio11 publique. i',tait-cc la chu le de Houher? Etait-ce le triomphe d'Ollider.' C'a,·ail été la principale préoc('11patio11 des Chambres pcnda11l let; six premiers mois de 186ï. Elles pu1·e11t s'aperce,·oi,· bicntùl que le dl'Cl'rt du rn j,1n,·ier ne contenait pour les libéraux que d'apparentes satisfaetions ri surtout que r1•:111pcrcur n'était point dispo~l· à s'aider d'un person11cl nourrau qui rclH aidl· à tirer, comme on <lisait, les co11séquenccs du décret. Pour inlerpclli'r, ra effet, il fallait que toute <lcmande fùt signée de cinq membres au moins et adopléc par quatre bureaux, ce qui permettait à la majorité de repousser Ioule" demande désag1·êahle au gouvrrnc.mcnl. De même, la rrspo11sahilité ministérielle, que certains ~c flattaient de trou,·cr en f{Cl'me danç, la prfse11re <les ministres dc,·ant les Chamhrrs, n'était qu·1111c illusion : la lrttrc du 1H janvier spèeifiait hiC'n que les ministres ue dl•pcndairnt que du sou,·c1·ai11, cl qu'ils 11'<:•tairntque ses porte-paroles. Enfin Houhcr, soutenu d'ailleurs par la majoritl', sour11oisr111cnt hostile à Olli\'ÎCI', continuait de l'c111po1·trr clans les conseil ...du s011,·erain. Tandis qu'il laissait. rue de l'Arrade, se former sous ses auspirrs un CC"t·clc nornb1·rux de députés l'éartionnaires, hostiles à toute coneession lihl·rale, ce person11a~r sans vergogne se flattait dc,·anl la Chambl'C d'avoil' inspiré i, !'Empereur le déc rel du l!J jan,·ier. \lais il dé,·cloppait d'une manièl'e inattendue la politique lihéralc qu'il y disail incluse. Le 12 mars, le Sénat obtenait le d1·oil c1·c:\a111incrau fond toutes les lois cl non plus seulement de les déclarer conformes ou 11011 ~1 la Constitution. Bientôt \\'alcwski, le protecteur d'Ollivier, était conl1·aint de rcnuuce,· à la présidence du Corps législatif. Les projet> de lui p1·omis élaicnl ajournés on ne Sa\'aÎt à quand. Olli,·ier, ballu cl mécontent, prenait furieusement à partie« le ,·ice-Empel'CUt' » da11s un di::-cours des plus virulents. Le lendemain l'Err1pe1·cur envoya.il ù Houhcr la plaque en diamants de grand-c1·oix de la Légion d'honneur pour le <lédornmagc1· des « injustes atta.<1ues <lonl il avait été l'objet. » 12 juillet 18ùï'. Cc qui éclatait ainsi aux yeux des moins pré,·cnus. c'était l'impuissance de l'opposition parlementaire ;, pousser rapidement le gou\'crncmcnt dans la voie libérale. Les ouvriers de Paris et des grandes ,·illes qui, en 18ü:l, tenaient surtout à envoyer au Corps législatif« des bougres capables d'engueuler l'Empire » de,·aienl plutùl se trouver dé,·us. On allail bien r(,pélanl les apostrophes ,·éhémentes de Jules Favl'e ou les mols rwlcs d'Ernest Picard. On se réjouissait de l'embarras gouvernemental après les discours de Thiers. ~lais il est certain que le peuple républicain de Paris ne devait pas être pleinement satisfait de ses représentants. Entre Ollivie1·, regardé comme un traitre par les républicains parlemeutaires el Thiers ou mème Jules Favre, les nuances n'étaient point très distinctes i et les plus décidés adversaires <l'Ollï,,ier, comme Pcssard, se l'avouaient ~t eux-mèmes plus tard (.lies petits papiers, p. 122). Le rétablissement du pal'lementarisme les

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