Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

284 IIISTùlRE SOCIALISTE c,il satisfaits les uns cl les autres, cl la concentra tion libérale. républicaine, orléani!"te, légitimislc m1~mc ùc 1803, restait plus <n1moi11s à la base de leur politique d'opposition. Ceux des hommes de 1,8, romrnc Garnier-Pagès cl Carnot, qui avaient pris parti, la lutte élccloralc cl dont Clarnageran saluait ~i joyeusrmenl )'enliée au Corps législatif en rna1·s t8(Vi, ne pou,·aicnl guCre aller plus loin que les autres dans l'oppositiou. Le ur rèpubli<'anismc n'effrayait nullcrnrnl l'aulC'ur de la Froue<• J·ouPcl!t•, l'orléaniste Prl',·ost-Paradol; cl leur sympathie pour les soeiétés coopé1·ativ cs pou,·ait ~trc partagée par ~I. Casi.mir-Péricr. F.nscmbl{', enfin, orlc.•anistes <'l 1·épublicains menaient la bataille pour l'autonomie con1m11nalc cl ils co11fo11daicnl lrurs signatures au has du p1·ogrammc décentralisateur rédigé en 1865 cl appelé IHogramme de :'l:ancy. Cette confusion n11'me, contre laquelle des rép ublitains s'étaient élevés d,•s la pfriodc cledorale. ne pnurnil tarder à ,'Ire l'objet de ,ives attaques. On ne demandait pas à Thic,·s une opposition plus vive. On l'avait alle nduc des l'èpuhlirnins. Or, il n"arailpoint surg-i de,, nouveaux \lanuels "'· l"11e élude clétailléc, plu, fouillée encol'e cl mieux or<lounéc que relie esquissée par :\1. Tchcrnoff tians son liu-c si utile sur le l'urli 1èp11blicai11, prou,cra <pic c·csl de 18fi:l ù !81ii su1'lout, qu'une opposition populaire a <"om111cneé de se nrnnif<'slC'r <"Outrel'opposition parlem('ntairc, el <)lie les ~roupc~ rl·puhlirains ont prét'isê leurs tendances opposées. Parmi les élctleul's républi,·ains de JSi;:J, il y a,ail é\-idcmment des nuances: il y :.,·ait, nous l'awu1s montré, des hommes d'<.ig-cs<'t<le tempérament, dillërculs. :-lais Camhclla soutenait le l1loc intani:ible des Cinq: les d,•mo,Tatcs de la llullc-rlcs-:\louli11s \lllaicnl po ur ThiCl'S; cl uu'mc l'oppo· sition qut· la plupart <les républicains foisaicnt à ln randidatu1·c ouvriè1·c n"ét.tit point des l'ahor·d inspiré<' par une di\'<'r:,.cence<leJ>l'int"ipcs politiques cutr,• les candidats ou\'l'iers et eu,-m('mrs. Question d'opportunité, apprct•iation drs circo11stanccs, 1:l êta.il tout Je dill"t•rend. Les ("an,lidats ou, ricrs n~prorhaicnl hicn, quelques moi-; plus lard, :Hl, députés dèmorratcs leur Ît:"noranl'c d<' la YÎe ou"ri(·rc. ~Jais, 11ous l"anH1s montré p. 1:v1, dans le co111·antclc J8fi'i. les l'épuhlicains ou opposants de toul('s nuances ne IC'cédnicnt pas . aux bonapartistes rn manifestations de s~mpnthiP pour ln rlas :-.c Ou\·riêrc, pour le mouvement ou, ricr <'l pins particuli(·rcm('nl pour la C'Oopél'ation. l'nc publtcation du g<'nre <le l'.lssocialion, fondée <'Il novembre 18üt,, semblait attester que les questions sociales ne d evaient pas crt'cr de di,ision l'ntl'C la hourr.:eoisie républi,·aine cl le prolétariat . On n'a,ait point rimpres• sion que les ou, riers et les bourgeois, les sociali stes et les républieains. dussent bicntùl s'opposer. On ne pou,·ail surtout so upçouner que les socialistes dcYirndraicut un joui' rC\'Ol11tio11nail'cs et accuseraient <l<• compromissions a,ec rE111pirc les républicains bourgeois. Bien au contraire, le seul soupçon <Jui s'<'•lcvait contre ,·eux <1uidirigeaicut la classe ou,•rière et se réclamaieol

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