Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOII\E SOCIALISTI~ 281 ramené. Jadi~, il défendait lc5 licux•saints; c'était 1111 lieu plus sac1·é encorequ'il entreprenait désormais de défcnd,:c 1,011rles catholiques. Mais il le faut bien noter. Le temps était passé ol1, d'accord a,·cc Cavour, il dirigeait à son gré et utilisait pour ses desseins ml~rnes les passions unitaires italiennes ou les idées libérales fr:uwaiscs. ~laintcnanl, les grands mouvements populaires se retournaient contre lui. C't'·tait contre la Frt1ncc déji, que le patriotisme italien ou le patriotisme allemand faisaient rage: el les socialistes de tous pays découvrant le mensonge du libéralisme bonapartiste, s'opposaient délil>érémenl i.1 cc pouvoir réactionnaire. La bataille ùe ~lentana a,·ait mis aux prisPs des Italiens et des Fra,wais, mais déjà aussi les l'é,·olutionnaires et les horn,nes de l'ordre. C"était da11s le Congrès international de la liberté et de la paix que Ga,.ibaldi it Cenèrn avait jeté son cri de g-ucrre: et les 011\'i-Ïcrs de lïntcl'nationalc a,·aient délégué ;, cc Congri·s. l.l' Congrès tic Cenêv<' avait convié tous les peuples i• marcher sous le d ..ap,•au de la llépuhliquc: celait la rèrnlntion que les troupes fra11C'aisc~ allaient arrêter ù ~lcntana, et les diplomates fran\·ais ne manquaient pas de ~i~nalcr à \ïcto1·-Emmanucl lui-ml•mc le dangc,· qu'il faisait courir à l"ord1·P curopCen, eu n;arr1-.tant point Garibaldi. En France ml'-mC'. l'affaire italienne nh-clait le progrès ré\·olutionnairc. Les ouvriers de lï111rrnationale cl les républicains du Congr(·s de la paix s'étaient rencontrCs ;, Lausanne et ;, Ce11è\'C. I.e prolétariat conscient allait l:ntrer dans la bataille. Le 1 novembre dêjà, les <lt'mocralcs avaient songé, à <lt'faut d'une insurrection impossible, à faire (·ont l'e la seconde expëdition de RonH' une manifestation imposante. Quelques accidents matériels et des 1nesur,•s policières l"avaient fait échouer en parti('. Alfred ~aqucl et Accolas avaie11I été poursuivis. Quelques scm:\incs plus tard, l".\ssociation internalionalr <1ui a,·nit pa1·licipé it la teutnti\'e a\·ortéc de manifestation était pour~ui\·ie pour la prcmiêrc fois. L'opposition franchissait les limites du Corp:,;. législatif: la lutte entre le gouvernement éhrauh.~ et la ré\·olution grandissante allait commencer. CIIAPITRE \"I EX IIATAILI.E COXTIII{ 1.'Elll 1 11tE Les hommes modCrés de l'lntel'nationale prêts i1 manifester dans la rue~ Les tacticiens habiles et cauteleux, si s0111·ieux, naguèl'e, d'ê\ 1 Îtcr h.-ut ce qui pouvait 1·essembler à une démonstration politi<]uC, entrainés :, leur tour dans la lutte ouverte cont1·e le 1·égime impérial! 011 pou,·ait mesurer à cc seul fait toute l'évolution qui s'était accomplie depuis 18(>'1. Au point oll en était l'Empire, le lendemain de Sa<lown, en présence des passions nationalistes prêtes a se déchainer cette fois contre lui, il n'a\'ait plus qu,une ressource: la liberté intérieure. C'était, nous l'avons vu, ce que

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