280 IIISTOIHE SOCIALISTE c<\lé de la \' énélic, rclournaicnt les yeux vc1·s Home, là oii précisément la France fnisail encore ohslacle. Confo1·mémcnl :, la convention du l~ seplcmbrc 181i',, à la fin de décembre lSW, les dernières troupes françaises a"aicnl quillé Home; le d1·apcau ll·icolorc a"ail disparu du forl Saint-Ange. La papauté a.-ail ressenti d'abord quelque inquiétude: puis les premiers mois de 18H7;n·aicnl été paisible~; cJlc s'était 1·assuréc. Dans Rome mèmc, les hommes du parti de l'action, )es ré\'olutionnaircs qui voulaient donnel' i, l'Italie sa capitale, ne trou\'ait point d'inlelli;::cnccs. ~lais, depuis février, Garibaldi a\'ait • déhusqué de son nit!• de Caprera: il tonnait conll'C les p1·ètrcs, cl'iait • Home ou la mort», et 1·éunissait déji1 ses fidèles. Le gou"crncment rran\·ais s'en inq11ic1ait: le gou\'e1·ncment ilalicn lui répoudait en dé11on\·a11tlcs trnupcs ponlificnles réunies à Antibes comme ùcs Fran~·ais déguises. En scptcmbl'c, au Congr'!s de la paix, i1 Ccnè\'C, Garibaldi la1u.·ait son cri de guerre. Arn-.lé un moment, puis rc);iché, il faisait pénétrer ses parlisans dans les l~lals pon1ifil·aux, ccpcndanl que Xapol,•011 Ill:, Biarrilz s'inquié1ait ù la pensée d'avoircncoi-c h s'occupc1· de l'Italie. :\prês de longues hésitations, après s'être laissé tiraillP1', comme aut1·cfois, entre les italianissimcs cl les parlisa11s du pape, l"Empercur se résolut enfin ,, défendre la papauté. Le 2;, octobre, les trnupcs franraiscs partirent tic Toulon pour Rome. La dernii·rc foule étail commise .. \ Jlentana, le 3 no\'Cmbre 18tiï, le_strnupcs de ~I. de Failly écrasèrent les Cai·ibaldiens, cl le général télégraphia que « les chassepots avaient fait mer\'cillc •· Ils arnicnt ré\'cillé simplement, toutes les susceptibilités, toutes les rancunes des ltalic11s. Quelques semaines plus la1·d, le t, clècemhrc, Houhcr achc"ail de creuser le fossé entre les deux nations. Hcnchérissanl sur Thiers qui cc jour-li, deniit naturellement approuver la politique irnpé1-iale, le minisl1·c t1•1::tal, entrainé pa,· les passions surexcitées de la Chambre, lança du haut tic la tribune les paroles mémorables:• Jamais l'Italie ne s'emparera de Home. Jamais la France ne suppor• Lera une telle ,·iolcncc faite a son honne111·, faite ù ln catholicité•· ~lomcntanémcnl au moins, l'Empcr·cur s'était l'éconcilil· avec ses sujets catholi<1ues. ~lais il avait achc"é d'isoler la France, cl c'était vers la Prusse que l'Italie allait désol'lliais se lournc1· . .\insi s'achevait, en celte fin de 18Hï, ln décadence de l'l~mpire frantais à l'extérieur. Les humiliations avaient succédé aux humiliations, les échecs aux échecs. Chaque jour appo1·tait une nou"ellc p,·cu"c de ln faiblesse de l'Em~ pire; la l'!'ancc a,·nit perdu son rang dans le monde; cl cela, le nationalisme, entrelenu par !'Empereur lui-même depuis le début de son règne et dans un intérêt dynastique, ne pou\'aÎt le lui pardon11cr. Par un re1our singulier des choses, après toutes ses a,•entures libérales, 3près toutes ses tcntati\'eS pour réformer les traités de 181~>, pour ai~er à naitre les nationalités, pour réaliser en mot les idées nnpoléoniennes, c'était à la politique de réaction catholique du début de son règne qu'il se trouvait
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