IIISTOIRE SOCI.\LISTE 2ï9 sant au présent, il ne dissimula point ses déceptions:« Des points noirs, <lisaitil, sont YCnus assombrir notre horizon. De même que la bonne fol'tune ne m'apas C'hloui, de mèmc des re\·crs passagers ne me décourageront pas >,. L'opinion, anxieuse, ne s·occupa pend a nt quclquC's jours q uc des points noirs. Déshabituée de la Yéritable indi-pcndancc, désemparée, par la politique secrète du sou,·crain, par ses coups d't·:tat et ses coups de tht·àtrc, elle s'émou,·ait ainsi dêsorrnais au rnoindrc mol. .\u mo111e11t mèrnc oi1 rien dïmmédiat ne clcYait troubler les esprits, ils s'inquiétaient tout d'un coup, sentant vaguc,nent depuis 18(}0 que quelque <'hosc toujours rncna(·ait. Le 1:{ octobre, Fran<,,·ois-Joseph était acclamé, dans une visite ù Paris, comme aucun autre souverain ne l'avait été. Et son appel Il runion des deu).. nations long'lcmps divisées, à une alliance qui dc,·ail cc offri1· u11 nou,·eau gage de celle paix sans laquelle les nations ne sauraient prospérer », remuait bien des cœurs. \lais, pour que !"alliance autrichienne pi'il ,'ti·c utile, il fallait qu'elle se traduisit en stipulations précises; pour qu'elle garantit vraiment l'équilibre nouycau des J:tats cl la paix de l'Europe contre les ambitions allcmanclcs, il fallait qu'elle fùt complétée par l'alliance italienne, il fallait que l'Italie f,H détachée des ambitions germaniques. Qr, par une sorte de fatalité, c"était encore une fois la question romaine qui allait empêcher l"œu,Te de réparation si laborieuscmenl commencée et ~Jui allait bien au contraire précipiter la décadence impériale. Pendant la guerre austro-prussicnnc, l'halie, nous l'avons vu, avait été ,ballue à Custozza. ~lais l' Au t riehe,écrasée quelques jours plus tard ü Sadowa, lui avait offert la \'énétic par l'inlermécliairc de Xapoléon III. Le g-ouvcrncmcnl italien n'avait pas accepté imrnécliatcmcnl la paix. Il cherc·hait une revanche: il ne trouva q11·1111e nouvelle défaite, sur mer, à L~ssa 20 juillet 18661. l\lais les prétentions des Italiens croissaient avec leurs défaites. lis avaient accueilli froidement l'offre de la !•rance: ils étaient las de ses cadeaux incomplets. l.a Yénélic ne leur snffisail point. Ils voulaient le Ty,·ol italien, l'i strie, toute l'Italie non affranchie, irredenta, comme ils disaient. lis avaicn L accepté sans reconnaissance la Yénétie et.,l'imagination aidant,Jc vole des populations leur faisait croire que l'annexion était bien le fait de leur volflnté. Yictor-Enimanuel avait d1'1sacrifier la ~larmora, le minist1·e cher à :-lapoléon Ill (aoûl 18GG). Des hommes nouveaux, des hommes de ~Iilan, des Romagnes, de Florence, prenaienl la direction du mouvement unitaire et le pouvoir. L'alliance avec la France se changeait en haine; on oubliait les sacrifices faits, jusques et y compris cette renonciation à une médiation armée, ap1·ès Sadowa, renonciation due en partie à la préoccupation de ne pas desservir l'Italie. Celle-ci ne pensait plus qu'aux obstacles mis par la France à la réalisation des grandes idées unilaires. Par un effet naturel, les patriotes italiens,ayant une derni•salisfaction du
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