2ï8 IIISTOIHE -SOCIALISTE consultation a\'aÎL eu lieu en fé,Tier; en rnai. le cabinet de Berlin n·cn a\'aÎt pas encore tenu complc,et il parlait maintenant cl"établirexactemcnt la frontière du Jutland et du :-.ord-Schleswig. Le 2:; juillet, sur la demande do roi de Oancmal'k ('l surtout • pour éviter flllf> sure.1:1·ilation de (opinion en .F,·ancr •, !"Empereur faisait remettre une note i, Berlin. Le lendemain, la note était publié<' par les journaux allemands et le gouvernement pru~sien signifiait ~l la France quïl ne lui permettrait pas clïntervcnir dans les affaires germaniques. D'humiliation cn humilialiou, on pouvait se demander jusqu'oll tomberait le prestige francais. Il deYcnait de plus en plus évident que la poussée du patriotisme germanique allait se heurter un jour ou l'a.utre au chau\'inisme franrais. • li reste la question allemande, écriYait en mai 181iï, après le règlement de l'affaire du Luxembourg le clairYoyant )1. llothan .... La guerre a été conjurée, mais le gotnernement de !'Empereur doit s'attendre it une lutte fatale cl peut-~lre inégale •· Un moment, êiapoleon Ill parut le comprendre. Il se prfoccupait au milieu de 18Gï de reconstituer l'armée; Chassepot În\'cnlait son fusil; Trochu venait de publier son line sur l'.lrmée française et on semblait disposé à tenir compte de ses critiques. On expérimentait les premières mitrailleuses, dont• !"aboiement • deYait démoraliser l'ennemi. L"Empereu Jui-ml'me, retrouvant quelques forces, se mettait à l'u.•uvre. Comme naguère à la ,·eillc de l'expédition du i\lexique, il se préoccupait des questions militaires, de la réorganisation de rarmée; cl chose plus importante encore, il tentait de retrouwr des alliances, de faire cesser l'isolement de la France. Quelque temps, lors du voyage d"_\leMndre li en Fracce, il a,·ait espéré rétablir les relations cordiales avec la Hussie, l'entente rompue en 18fi4, lors de lïnsurrection polonaise. :\lais l'attentat du Polonais Berezowsl.i qui aYait tiré sur le Tsar, au bois de Boulogne, était Yenu ravi,er les plus cruels souvenirs et le verdict a,·ee circonstances atténuantes du jury parisien a,·ait anéanti l'espérance d'une nouvelle entente franco-rus~c, 8rus11uemcnl alors, en avril, pren~nt le parti que lui avait conseillé depuis si longtemps M. Drouin de Lhuys, :\"apoléon 111recherchait l'alliance autri._:hienne. Le 18 août, il sen allait i, Salzbourg ,·isitcr officiellement Fran~ois-Joseph, et si les ministres des deux SOll\"erains se détendaient égaleme1<l de vouloir intervenir dans les aD'aires allemandes, ces relations nou,·elles n'en semblaient pas moins aux F1·ant·ais une cspërancc de revanche. La Ga:rtt.e dr /'_l/lemagne du Xord el la Ga:elle de la Croit-, les journaux officieux du cabinet de Berlin, a,·aient üprement dénoncé ce 1·approchemenl, el le patriotisrn{' germanique s'était ému. :\lais, malgré cette entente, l'Empercnr demeurait inquiet, mélancolique. Comme il o·e,·cnait de Salzbourg _et Yisitait la Flandre, iJ fit puhliqnement son examen de conscience. rappela le temps de son premier ,·oyage à Lille, au lendemain de son mariage, « le temps oi, toot souriait:, ses désirs•· Puis,pa&-
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