HISTOIRE SOCIALISTE 275 germanique, Au même temps, le représentant prussien~ Paris invitait presque brutalement i\I. de ~lousticr à rompre le traité d'achat du Luxembourg, La Prusse poussée par les pat1·iotcs, exigeait une nouvelle capitulation djpJomatiquc, On a cru que l'intcn·cntion des libé1·aux avait dé comrnandée par Bismarck, et que Bennigsen avait iutcl'pcllé sui• soll ord1·e. En faii, il fut débordé lui-même pa1· le 11ationalisn1e allemand. Le L11xem1out·g semblait ù tous tenc allemande; et beaucoup déjà redoutaient. les ambitions françaises. JI n'est point jusqu'à notre camai·adc Bebel qui alol's 11e1·ep1·och:l!ù Bismarck l'abandon d'une ville fodét-ale. Tant il est nai (p1'ù l'origine de tous les mouvements démoc1·atiques européens, le sentiment de la uationalité s'est to11jou1·strnuvé èl1·oitcmcnt et confusément mdé aux aspit-atious démocratiques. Cc fut Bism1H·ck lui-111èmc au contraii·e qui, contre les chauvins <l'outrc-Hhin, contre les militaires, comme de J\loltkc, bicu avcriis d'ailleurs de la faiblesse de l'amiée française ù cc moment-lit, empêcha la guerre <l'éclalc1·. « Vous u'a\·e;,: jamais ru un chimp de bn!aillc » disait le ministre ù eeux (jui lui 1·cprochaic1:t de ne poiut 1•cno11\'elcrimmédiatement !a lutte de Sado1nt. SuJ"tout il samit qu'alors l'Allemagne du Sud n'était pas pi·ètc militaî1·crncut, et il ne voulait m.;uchc1· qu·;n·cc clic, pour la gt·ande unité ;1llemandc. Il exigea donc, pour salisfnii·e l'opîuiorl allcmo11dc~ la renonciation de Napo!éou III à la possession rêvée du Luxembourg, mais il renonça <lCsou cùté ù foi1•evaloir les droits allemands sui· le Limbourg. Le ï mai :!8G7, uuc conférence des puîssauccs à Londl'CS régla la qucstiou : la F1·a11cclaissait nu roi de llollandc le Luxembourg to11jou1·~raUaché au Zollverein a!lcmaud, mais la Pn1ssc évacuait la fortei-esse de L\1.~crnl,ourg, déclarée neutre et démautclée. li est indéniable qu'ù cc mo111cnt-lii, i\f. de i\louslicr et ses -collahoratctn·s ne man<cu1Tèrent point maladroitemcuL et su1·c11lse tirer sans -déshonneur du mauvais pas. L'accord se trnuva donc l'établi cntl'e les deux cours de lied in et de Pal'is: -GuillauJ1Je I« vint au début de juin assiste1· aux fètcs de !'Exposition universelle. li assistait avec Bisma1·ck cl de i\loll'kc, it la gra11de r·cvue du 6 jui11; et son ministre allait applaudir la,Cra11dc D1wlics.~cde Ceroli,tein. C'était le temps des fètcs cl des magnificences. Pendant deux mois, à recevoir <les souverains ou des viveurs de tous pt1ys, au 1nilicu des fêtes et de~ feux d'artifices, les F1·ançais 011blièrnut. .• lcul'S p1·èoccupalions exté1·icul'CS et les humiliations 1·éccntc;; dont ils ne conunissaicnt d'ailleurs qu'onc pa1·tic. i\lais la fotc hélas! fut de peu de dui·éc: la série noire allait continuer. Dans la nuit du 29 au 30 juin; une dépêche anuorn;ait que 1'1-'.mpcrcur :Maximilien avait dé fusillé i1_Querctaro. l·:n fé1•ricr "18Gü,le malheureux Empc1·eur du i\lexique avait app1-is que \"apo!éon Ill é1ait décidé,·, retirc1· ses troupes el l'abandonnait: c'était, il le savait, son a1-i-ètde mort. Sa femme-,
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