2ï4 1-IISTOIRE SOCIALIS'l_'E la guerre; ce fut le premier aven de sa faiblesse. Bismarck en profita immédiatement ponrdé11oncct• ,'lux Etats du Sud méfiants l'avi<lilé de la France et leur a1'racher la signature de conventions militaires avec la Prusse. La leçon eùt <li'tservir. C'élait s'exposer i1 Ioules lcsawmics et à toulcs les toutes les haines que de ré<-lamcrcc flu'on n'était pas capable de prendre. ri!.'.lis la(diplomatie française semble alors frappée de démence. Tenlépar Bismarck lui-même, qoi dès lors songe à se sen-irdc toutes ses dénrnrchcs, Napoléon Ill le ~O aoùt, propose d'autres con,·cntions. Il attend naï,·ement de Bismarck le prix de sa neutralité: l'occupation de Luxembourg, et par une con,·cnlion secrète, le droit de faire entrer ses troupes en Belgique. L'apôtre du droit des peuples va donc conquérir :'1 son tour comme M. de Bismarck; la Bclgic1ue est pays de langue fran(,'llÎse, cormue les duchés l'étaient de langue allemande: la Prnsse doit i1 la France sa ne11t1·alité. i\lnis sa propre méthode ne semble tolérable à Bismarck que lorsqu'il la pi·atiquc lui-même: et, en admettant même qu'il accepte la conquête française, que dira donc l'Europe, garante de la neutralité belge? que dira surtout l'Angleterre?- rI a suffi de l'clTroi rétrospectif du peuple anglais quand il appril le danger couru, en i870, pour nous priver de son appui. Qu'aurait-il fait, en 1806, en voyant Am·c1·s de,•cnir frani;.ais? Polilique de contradictions perpétuelles, politicp1e de violence et d'injustice, c'est tout cc que trn11vcnt désormais les hommes d'Etat en désarroi du Second Empire. Toute cette fin de iSGGapparait vraimcnl lamentable. En octobre, :tpt·ès quatre mois d'insistance, la diplomatie française, dirigée maintenant par le marquis de i\Ioustier, ,•oit Bismarck reculer, se dérober à tout concours effectif, et peu après refuser même la neutralilé armée, si la France entre en Alors, au début de JS67, i\'apoléon Ill, déçu, se rabat sui- une a111re indemnité plus maigre, le Luxembourg: « le chemin de 81'nxclles ii défaut de ln, Belgique~. Propriété personnelle du roi de Hollfindc. le Luxembourg était occupé depuis 1815 par une garnison prussienne. L'Allemagne du Nord devenant prussienne, le Luxembourg (et d'autre part le Limbourg} fpii se trou,·ait dans des conditions analogues se trouvaient menac-és d'incorporation. En janvier 18ùï, les llollandais offrirent le Luxc111bourg à Xapo• léon Ill contre une indemnité, cl it condition <1u'il obtint de la Prusse sa l'enonciation formelle nttx droits de l'Allemagne sui· le l,irnhourg. l.es Luxembourgeois acceptaient l'annexion {fénicr): l'affaire semblait s)hc. C'est aloi·s qu'à la fin de mars le pntriotis111c germanique se souleva: les llollandais avaient demandé un a.cquiesce111c11tdu roi de Prusse avant de céder le Luxembourg il la F1·ance. L~ roi de Prusse hésitait ù le donner, et cependant n'o~ait refuser, quand le 1" avril, les libéraux pail'Îotcs, par l'organe du llanovricn Dennigsen, le sommi:rcnt, lui et ses ministres, de s'opposer, an besoin même par la guerre, à toute diminution de la palrîe
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