IIJSTOIRE SOCIALISTF. forme à la sécurité française, la seule aussi qui etH permis à l'Europe démocratique un développement pacifique. ~lais si la droite l'applaudissait, c'était surtout pour son hostilité i1 l'unité italienne, pour son opinion favorable au pouvoir temporel, en un mot, pour l'inspiration décidément conser\'alricc de sa politique. Et les libéraux, des républicains même, se rclrou\·aicut, comme en 18::»9, co11t1·c lui, avec l"Empercur. Ils sentaient vaguement le danger; ils COff1prenaient qu'une prépondêrancc trop grande, prise par la Prusse, serait pour la France une humiliation, si elle n'était comp,,.nsée par un agrandissement. Mais ils se flattaient ,·aguemenL de l'idée que la Prusse n'écraserait ni facile1nent, ni complCtemcnt les armées autrichiennes, et que l'arbitrage nécessaire de la France s'imposerait :, tous pour son plus grand profil. Eux aussi, l'idée des frontières naturelles les hantait. °Eux aussi, ils avaient l'esprit pourri de nationalisme el de légende. Seuls, i.t celle heure, tandis que les journaux libéraux faisaient rage contre l'Autriche, tandis que l'Opi1tio1t Nationale célébrait le nouveau Richelieu qu'était :\1. de Bismarck, el que le Siède dépêchait ses correspondants, :\l~I. de \ïlhonl cl Clrnl'lcs Floquet, aux armées prussiennes cl italiennes, tandis que l'on parlaitcoununmcnl d'une intcn·cnlion militaire de la France en faveur de la Prusse, seuls, les socialistes affirmèrent hautement la nécessité de la paix, et dénoncèrent loul cc que la politique belliqueuse contenait de danger pour la nationalité française el la démocratie cu1·opCcnnc. Nous retracerons plus loin d'ensemble le mouvement républicain et socialiste de 18011 à 18Gï; nous dirons l'évolution des çc lnter11ationaux ,, ; mais il faut ici, à sa date, en opposition ~1 la confusion bourgeoise, rappeler ce que fut la première protestation socialiste et ouvrière contre la guerre. Elle n'eut pas sans doute, sur l'heure, le retentissement du discours de Thiers; mais elle fut l'cxpl'ession de groupemcnls déjà nombreux; et elle a, en tous cas, da_ns l'histoire des idées, un~ bien autre signilîcation. C'csl dans la Rive Gauche, fondée par Cha..Jes Lbnguel, Aimé Cournct cl Robert Luzarche, à l~ fin de novembre 18üll, cl dans le Courrier Français, repris pat· Vermorcl el Vallès en mai 1806, qc:'on trouvera l'écho de la protestation socialiste. Prolestation contre l'absurdité de la guerre, d'abo1·d, contre ses horreurs:. la simple cl nelle protestation humaine contre l'entre-tuerie des hommes! Comme firent souvonl depuis les socialistes ou les syndicalistes de toutes écoles, ils reproduisent les passages des philosophes, des lilléralcurs, des économistes, qui stigmatisent celle monstruosité, et ils appellent de leurs vœux, le désarmement général. Guillaume jer et François-Joseph veulent se battre; qu'on les fasse donc battre en champ clos. Que les peuples ne so laissent plus conduire ,, la boucherie. L'idée de la • grève des réservistes» ne date point, on va le voir, des dernières années. Le 10 juin 1866, l'article de tête du Courrier Jr"'ranfais, article signé de Ycrmorel, est intitulé " La grève des peuples contre la guerre ». Les peuples, démontre l'au leur, ne veulent
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