20n IIISTOJHI~ SOCIALISTE plus de la 1-(Urr,·c,cl on ne peul plus la faire sans leul' assen timent; c'est n1t'me pour crllc raison que ~I. de Bismarck a lardé de lancer son ultimatum. Qu'ils affirment donc plus haut lcul' rnlonté. « Il suffit desc croiser les l,1•as, de faire la sourde oreille cl de rester immobile. Pour faire la gue rre, il faut des bommc-s cl de rargent, des Ir,·écs ("~lraordinaires et des emprunts. Eh Lien! qu'on ne do11nr ni hommes, ni a1·g-ent ,. . .\u 110m df' qurls principes, en effet, au nom de quelles idécs,des hommes ,·ont-ils marche,· les nns co11t1·eles autres? Dans une adresse publiée par le Co1trria l·i·a11çai, le 20 mai et par la 1/ii•e <:anche le 2ï, les étudiants de Paris supplient les étudiants d'.\llemag11e et d'Italie de ne pas s'a rme,· les uns co11tre les autres, de ne pas acclamer la guer,·e, de ne pas oub lier <1u'ils ont tous au cœur la nu.\rnehaiuc, celle de l'oppression, qu'ils onl tous une œuvre comnurnc ù accomplir, l"œu,Te dr Jibc1·1éel <le justice, <1ui nécesi,ilC' l'union de tous les efforts. • Frères, s'écricut-ils, ,ous , 1tes les dupes d'une vieille politique absurde autant qu'odicusc qui, depuis <les milli e,·s d'a11nécs, pousse les peuples à s'entrégorger sous de sots prétexte~ d1 intért;t national cl de différence de races». ;\'.ationalités, pal1·ics. etc ... tout cela 11'esl que ,ains mols. Les peuples peu,·cul-ils donc s'entre-tuer pour des mots 1 Q11'cst-cc que la patrie, se demande le 10juin, dans le Conrrier Français, l'un <lrs signataires d<' l'ad1·cssc, Albert Fermé. Il montre à l'intérieur des prétendues pat1·ie:,, les deux classes aux prises, h•s opprimés et les oppresseurs, les exploités el les exploiteurs; il cite cl commen te le passage rélèbn• de Yoltairc, sur le marmiton qui n'a rien et se passionne N pour sa patrie;,., cl lia11l indissolublemC'nl le socialisme cl la négatio n de la patrie actuelle, il constate que• le socialisme ne date pas de 11!'t8, <1u'il ne date pas non plus de \'ollaire, qu'il est aussi ancien que le bon sens cl la <·onscie11ce humaine ». " Quand donc, concluait-il, en finirons-nous avec ces rnols mystiques, absurdes, fléaux de l'hu,iianité? « Je veux ceci: ètrc ind,'pen<la11l, el que mon travail me rappo1'l e ce qu'il ,·aul réelleme11l. - Et ce <1ucje ,·eux pour moi, je le veux ég alement pour les autres. - Passé cela je ne comprends rien. La Pologne! la \'énélie ! le Scheswig-llolstein ! duperies, mystifications, questions mal posées! • Si les habitants de ces pays sont misérables, Fermé est avec eux co11Lre leurs oppresseurs. Hors de lit, peu importe quels sont les oppresseu rs. ~lais cet • anli-palriolc • prévoit le mome11Loù le mol patrie prendra u11sens nouveau, lorsque les peuples seront libr,•s, associés clans les communes cl dan• les fédérations, lorsque patrie ,·ouclra dire souveraineté. L'article de Fermo fut déféré aux tribunaux; el, malgré l'autorité de Vollaire dont il se couvrait, son auteur recueillit six mols de p rison. ~fais pendant près de trois mois, en mai, en juin, en juillet, dan s les deux journaux frêres, chaque semaine, la campagne se pourauivil : les eecrétalres <le rédaction zélés recueîllalcnt dans les journaux tous lei symptômes du mou-
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