Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIRE SOCL\I.ISTE 2û3 nimcnl nOU\'Cau do l'Europe, cl peul-être un agran<lis!)cmcnt <le la Francct La discus!,ion ùe l'adresse l:lail tcrmiuéc: le droit <lïnt<'l'flC'llation 11'oxi&T taitpa.s. ~lais lo ,·otc de la loi sur le <.'Ontiugcnl four11it l'oc:casiou de daman .. der des explications sur le g-1·a11d ohjet qui prèoe<'upait tout le monde. Le jeudi 3 mai, la discussion de loi vint à l'ordre du jour. ~I. Houher a,,ail cru pou,·oir s'en tirer :lYCC ciuclqucs lu·ë,·es c.xpliralihnf-, C'n affirmfUl~ que la Ft·ancc ne souticnd1ail pas une agression <le l'Italie (•(ullrc L\ul!'icho, mai~ entendait maintenir vis ù ,·is des puissances engagées son c11tièl'e lihcrlé d·action. Il venait à peine de s'asseoir que ThiNs prenait la parole, au milieu de l'attention générale. « Je viens, rommco{'a-t-iJ, <.h:fcn<l1·c celle chose sainte el sacrée qu'on appelle le d,·oit, el qui est aujou,•,l'hui foulée aux pieds ... Je viens défc11d1'C celle autre .:hose non moins sainte, non moins compl'ornisc qu'on appelle 1~ paix)). Et, dc-,•ant la majorité inquiète, lou1 mcntéc, cl que eonquit biC'ntlH la clarté de son ëloquencc, dc,·ant rcs homrncs su1·pris, émus de comprendre, cl que s011 bon sc11s averti rendait soudain indueilcs, l'orateur de l'opposition démontra commcnl le <lroil élait ,·iolé, comment la paix (·tait compromise. Il déno,wa les co,woitisrs de la Prusse, les abus répétés qu'elle faisait de sa force, les simulacres de justice par lesquels elle tentait de tromper l'opinlon. Eu termes simples, il <lit les malheurs du Danemark. Il an1il un beau. port, un tcnitoire fertile; mais il ~tait petit, il ëtait faible, cl quelques-uns de ses sujets parlaient la langue d"un puissant ,·oisin. Aussi lui aYait-on pris les duchés, 1• au nom de la Confédération germanique, ou, comme on dil aujou1'd,hui au nom de la patr·ic allemaudè ». puis on les a,·ait gardés; enfin, apt'ès les a\"oÎr pris de moitié avec l'Autriche, on avail dit à l'Autriche : laissez-les moi ou bien je Yous fais la guerre ». ~lais ce qui émnt Je plus l'assemblée, cc fut l'annonce, cc fut le diagnosLic, si inquiélaut dans sa précision, du danger que courait la France. • La Prusse, continuait Thiers, si la gucri-e lui est propice, tieudra une partie de l'Allemagne sous son autorité dil'ccte, l'aulre sous son autorité indirecte, el n'admettra l'Autriche dans le nouvel ord.-c de choses que com111eprotégée. Mais cette Prusse agrandie et su,·tout associée à l'Italie c'est la résurl'ection de l'Autriche d'aul.-cfois associée à l'Espagne ... c'est la reconstitution de l'Empire de Charles-Quint», La comparaison entre les llohcnzollern et les H~bsbourg était saisissante: quelques années plus tard, le pays tout entier, auquel, dès 1866. Thiers faisait appel et dont il cherchait it réveiller les traditions nationales, clcnit s'en souvenir. Mais, plus profondément, ce que démontrait le grand homme d'Üat, c'était pour ainsi dire l'utilité réelle des traités de 18[j pour la rrancc du ».1x• aiè~le.Sans doute ces traités ne procéda.ient pas seulement d'une pensée' 4edéfeosecontre lescooquètes napoléoniennes, mais aussi, cl su,·tout d·unc

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