2(;2 IIISTülRE SOCI.\LlSTE sables. « Le peuple frant·ais, conduait-cllc, entouré d'Etats libres initiés por lui ù la libe,•t(•, a trop de fic1·té de son passé. pour qu'on le traite en interdit cl qu'on.le déclare incapable ou indigne de porter lui-mème le glorieux fardeau de ses dcstinfrs •· L'amendement fut repoussé. C'est alors que quarante-cinq membres de la majorité proposèrent de leur clté l'amrndcrncnt suivant, qui devait attester la rupture, depuis longtemps prcsscutiP, entre la droite outrancière de l'impérialisme et certains hommes soucieux de progrès. « La stabilit<~. disait ramcndcmcnt, n'a rien d'incompatible avec le sage prog-rès de nos institutions. La France, fcnn/:Jmcnl attachée à la dynastie qui lui g-arantit 1"01 dl'c, ne l'est pas moins à la liberté qu 1cllc considère cornmr nfcrssairr ù l'accomplissement de ses destinées .. \nssi le Corps Législatif croit-il aujourd"hui être 1'i11tcrprètc du sentiment public en YOUSapportant au pied du tn\nc le vœu que Votre i\lajcstè donne au grand acte de 1860 les clé,·eloppc-mcnts quïl compo,·tc. l·nc expérience de cinq années nous parait en aroir dé111ontn.'.l·a couvcnancc cl l'opportunité. La nation, plus intimement associée par ,·otrc libérale initiatiYe à la conduite des affaires, ern·isagera l'avrufr a,·cc nnc entière confian<"c •· Cc langage humble et quénrnndcur était encore trop hardi; malgré un discours d'Olli, icr, qui demandait aux quarante-cinq la permission de se confondre dans lcm·s rangs, rarnrndemcnt n'obtint que n3 voix. Jamais cependant la minorité _n'a,·ail atteint pareil chiffre HJ mars Gû\. Le 20 mars, ,111 amendement des quarante-cinq sur la presse obtenait fi.) ,·oix. L'l~mpcrcur, nagui•rc, avait cru habile d'appeler les partis et surtout les partis d'opposition, à prendre leur part de responsabilité clans sa politique extCricurc; ils réclamaicnl désol'mais une part du pouvoir. Comme son apologiste et po1'lc-parolc Houher, :\'apoléon Ill ,·oyait sans doute « avec triste.se cl douleur, discuter après <1untorzc ans d'un règne prospère, les bases sur lesquelles le peuple avait assis la prospérité de la dynastie et du pays » - « J'ai fortifié la nation, lui faisait dire toujours le mèmc Rouhcr dans la séance du Hl mars, où se discutait l'amendement des quarante-cinq, je loi ai donné l'ordre. la sécurité, j'ai rajeuni sa gloire, étt•ndu ses frontières, agrandi son territoire; j'ai agi dans l'intérèt de la France, de la santé, de la vie du peuple enlier•· 1\lais, encore une fois, la majorité parlementaire n'avait plus confiance, cl bientôt la défiance allait s•étcndre d'elle au pays. En celle fin d'avril 1866, alors que rien ne semblait directement menacer l'Empire, et que les velléités de parlementarisme se trouvaient refoulés par l'apologie pompeuse et acclamée du régime autoritaire, une inquiétude ,·ague cependant montait aux cœurs.On pressentait ce qui se préparait en .\llcmagne; on observait avec attention et p11tl'niles libéraux, dans le peuple, souvent avec sympathie la fermeté cl la promptitude des résolutions prussiennes; le souvenir de Plombières hantait les esprits, l'entrevue de Biarritz apparaissait comme son pendant; l'Emp«eur avait dti prùpàr&r avec Biemar&k ua l'llma-
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