MISTOIHE SOCIALISTE 259 tions extérieurs se traduisaient désormais par des revendications de plus en plus audacieuses de contrôle parlPmentairc et de gou,,ernement lib1·e. A la session de 18ü5, le groupe de la gauche avait parlé avec une hardiesse nouvelle . .\ l'occasion d"un discours de M. d'llavrincourt, Ernest Pil'ard , prononçait au milieu du bruit des paroles qui n'étaient entendues que d"une partie de la Chambre•, comme disait simplement le compte-rendu orncicl sans reproduire les dites paroles: mais le lendemain, tout Paris samit le 11101 que Pic-ard arnit prononcé et pour lequel on n'a,·ait point os<' le rappeler i, l'ordre. c Le Deux Décembre est un crime! • : voila cc quïl a,·ait crié à la majorité stupéfaite. Quelques jours plus tard, Eugène Pclletan, malicieusement, prenait aete d'une phrase de ~I. Rouhe,·, disant« qu'un peuple a le droit de changer son organisation intéricu1·c ». Enfin, scion la tradition établie par les Ciuq, l'opposition exprimait par· des :unendcmcnts à l'adresse, Jcs C'Onclusions pratiques des critiques qu'elle dirigrail con Ire la politique iutérirurc ou la politique c~téricure. « L"t'lat de nos finances et du crédit public, <lisait par exemple un amendement de l8G.J, dépend ùu régime politique plus encore (lllC des c-Îr<'onstanccs c-xti·ricurc-s ... l.a Cliamb,·e ne peut r('rnpli1· cfficaecment so11 mandat qu·autan l <1uc Ir p1 incipc fondamental de la !,JH:rial ité d.1ns le ,ot<' des finances aura été restilth: ». Depuis le permicr discour~ p1·ouoncê par Thiers en LSü:>, t"opposition repr·enait sans cesse sa thi·sc des « libertés nécessaires •. :\l.lis d'autre!-- aussi com,ncrH.,·ai,•nt dt• t'û111prend1c la Yalcur de celle thi·sc, cl la reprenaient à leur compte, au moins eu pa, tic. Par l'a\'cnturc mc;\irainc-, pal' le~ incertitudes cl h·s cont1·:1dictions que Thic1·s avait Jénon• t·écs clans la politique italienne, par mille petits fai1s quotidir11s ou se r~,·élail dèjit comme la la!:isÎtudc du systCme, bien des hommrs ùc la. majo1·ité se ~entaient ébr:tnlés daus l(•ur confiance. F.nlrc l'opposition plus ou n1oins nl'll~ mais ohstint~e Cl résoluC" des répulJliraiu!:i, qui attendaient ou préparaient la chute de l'EmpirC', cl les partisans du <:és:1rismc autoritaire, il semblait déji1 i1 bcautoup qu'il y a,ait place pour une opposition constitutionnelle, cnpabk d"aidcr l"Empirc dans un développement prog1·essif d('S libertés publiques et de Ir sauver des a,·entures ou d"une décadence prématurée. Thiers a,ait rassuré les plus timide~ d"cntre eux en leur montrant que les libertés parlementaires n'étaient point aussi ré\'olutionnaires qu'ils a,,aic•nl consenti à le croire; et les ambitieux de la bandfl comptaient bien trouver dans un changement de politique et de personnel, des positions h1crati,·es .. \iusi tendait à se former, depuis plusieurs mois, le TieNl parti. Péjù, d'ailleurs, cc pa,ti a,·ait son chef désigné: M. Emile Ollivier. Noua arnns raconté plus haut p. 235) quïl arnit été le rapporteur du projet gou- ,·ernemental sur les coalitions (avril-mai 186',), el qu'il avait soutenu ce projet sans résel've, conll·e Juleg Simo11, coutre Jules Favro, coutre Ja gauche républicaine et libérale. Le fait, en lui-même, constituait déjà une trahison.
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