Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIHE SOCIALISTE établir une Europe nouvelle; el c'était Yers elle qu'il se sentait invu1ciblemcnt attiré. En octobre 186::., Bismarck vint à Biarritz. li vit !'Empereur; causa avec lui de la situation de l'Europe. • Si l'Italie n'existait pas, disait-il au retou,·, il faudrait l'inventer». L'Italie fut, en effet, à la base de Ioule la combinaison. Pour résoudre la question romaine, si embarrassante pour lui cl à fextéricur cl :1 l'intérieur, Napoléon sacrifia la Confédération germanique. La Vénétie fut le prix de la neutralité française. EL la combinaison devait plaire,, Bismarck : l'Italie, comme alliée, était moins compromettante que la F,·ance; liv,·cr des terres italiennes était plus facile que de livrer des terres allemandes ou tenues pour telles. Son plan d'action d"ailleurs était déjà formé el l'imprécision même des engagements fran~ais ne devait point. l'arrêter. JI incorporerait le Holstein. - Si l'Autriche cédait, la prépondérance prussienne se trouverait ainsi imm,;- diatemcnl affirmée. Si elle résistait, il l'y contraindrait, par la guerre, el 2,•cc l'aide de l'Italie. En janvier l.806, comme l'Autriche laissait les partisans d'Augustenbourg intriguer en Holstein, Bismarck lui enYoya une mise en demeure d'avoir à les faire cesser·. Le i fé\Tier, le gouvernement de Franrois-Joscph relernit le défi. Bismarck aussitôt hâta les pourparlers avec l'Italie. Le 28 févder, Napoléon Ill, toujours hanté de son idée italienne, faisait dire par Xigra au ministre l.a ~larmora: « Il est indispensable que rnus poussiez hardiment la Prusse i, ]a guerre el que vous vous mettiez vous-même en étal <le la faire >1; et les Italiens hésitant, il leur donnait s·a parole de les garantir contre tous Tisqucs. Le 8 avril, le traité d'alliance offensive et défensive était signé entre la Prusse el l'Italie. Au même temps, ne négligeant aucun moyen, Hismarck entamait en Allemagne toute une campagne libérale et patriotique. Sùr désormais du côté diplomatique, il allait tenter de se faire reconnaitre par les libéraux allemands de tous pays, par les patriotes de tous les Etats, comme le n-ai Yeprésenlanl des intérêts allemands . .\insj, par l'intrigue napoléonienne nu service de la \'Olonté pru~sienne, Y-Europe allait se trou\'Cr botile,~ersée de nouve:Hl. Cette fois, définiti\'emcnt, les traités de 1815 allaient ètrc anéantis. :\lais, était-ce bien dans l'inlé1·êt de la France? L'œuvre ré,·olutionnaire des nationalités devait é,·idemment ·•'accomplir. Il était dans les traditions de l'Etat français de n'y point faire ebstacle. ~tais Je gouvernement français devait-il y chercher profit et gloire, ,devait-il tenter do la tourner à son intér'èt personnel~ D'autre part, s'il Toulail agir, s'il voulait se servir de cette grande occasion, il devait lltre fort . .L'était-il encore? A la veille même de ce con Oit imminent, l'opinion française s'inquiéta. ,On sentait vaguement déjà que l'Empire autoritaire avait fait faillite. L'opposition parlementaire croissait en force et en vivacité; et les préoocupa

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