Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

260 IIISTOIHE SOCIALISTE Ollivier l'a,ait souli~né : reprenant un mot •Ir )lallct-du-Pan, il avait d(··noncé le" pcssimismr,,, de la gauche, ,, c-ellf' maladie qui_,lorsc1u'on sc trouve en pn:scncc <l'un gou,erncment qu·on n'.1ppro11,·c pas, consiste, au fif'u de prendre <'C qui ,~st bien et de bhimcr l'C <pli est mal, :1 tout allaquer, 3 tout critiquer, surtoul le l,icn, pal'CC quïl prolitc à reux qui le font N. - Et Jules FaHC al'nil 1·épondu : ,, Il n·y a, quoi qu'en dise Mallct-du•Pan, que d,,ux écoles en politi'luc, celle des principes et celle des expéd ients :.. li se déclarait de la première : il laissait entencl,·e qu'Ollivic1· ét ait de l'autre. « Il faut, disait en tern,inanl le noble a,·ocat, que d1acun ai t le courage de son opinion : nous rejetons l'équivoque. On a fait appe l aux amitiés ,pii restent nux personnes, mais qui ne sauraient rien changer aux opinions •1ui ne cessent pas d'être les nùlrcs. Il faut qu·on nous dise comment on a :tbandonné d'anciennes opinions c11 p1·oposnnl aujourù'hui rcqui les conlre• <lil absolumrnl n, Au milieu d"une ,·i,·c émotion, pendant plusicu1·s S(.;a1tce s, li• débal se po111·suh·it. Une ~randc sépar·ation était imminente. Toul le parti r,·publi<·nin s'en occupa: et l'a,wcdote fut souvent contée de Jules Favre lcndanl la main ù Olii, icr, à la sortie du Corps l,'gislatif, d'Ollivicr hésitant, puis se ravisant, tcn<lant la sienne, Jules Fa\'re enfi11. 1·etiranl la main ru disant : Il est trop tard! M. Ollivier, sépa,·é de la ~a.uchc, allait poursuivre sa rontc vers la fortune. F.11mnrs 18(ii. lo1·s de la discussion de l'adresse, il declarn it • qu'il ne n~grellait pa~ d\woir t:mplo~·é toutes les forces de sa volonté ù conl'iul'c une ·olliancr durable entre la démocratie et la liberté par la main d'un potl\oir fort cl national •; cl, par un \'Ote « d'cspCrancc », il confondait son bullclin a,cc ceux de la majorité. En récompense, le néophyte impérial iste était rc~u a la cour. flatté, choyC de toutes manièl'cs; mais HouhC'r lu i barrait la route, et \Valrwski n'était point assez fort po111·l'aider à passer l'obstacle. La S) 111paLhic impfrialc suffisait rependant à assurer à Ollil'icr des partisans. La <i•ssion de l8fi() pe,·mit de constituer définitivement le tiers-pa rti. lJès le début de la discussion sur !'ad, esse, Thiers amit repris N prccis,· sa thèse des libc, tés nécessaires. Il avait dégagé les co11séq11 ences des printipcs de 80, donnés, par la Constitution de 18;;2, comme la ba se cl la garantie du droit public français. Et il avait décrit ,, c1uoi tendait t out le système savamment édifié depuis 18;;2: à détou, ner la nation de ses propres intérèls politiques. Les problèmes de la politique étrangère cux-m, 1mes lui fonrnissaicnl des a,·guments que ue pouvait accepter la gauche : eu cc <iui concerne l'Italie ou la Pologne, il restait décidément trop con scr,·ateu1·, trop ,éactionnaire. Mais ces arguments-là pouvJicnt achever de conrnincre les hommes ébranlés de la majorité. La gauche sentait de son côté qu'elle pou>ail accentuer ses a ffirmations libérales : par un amendement, dont les signataires allaient de llavin el Cuéroull à Carnot, Garnier-Pagès, et Dorian, elle 1·éclama une presse lib re, tics élections libre&, des municipalités libres, des Conctiono airea reapon-

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