256 IIISTOII\E SOCIALISTI~ n'a,·ait rien :1allendre de l'Angleterre; quanl à l'.\utrichc, n'était-elle point l'ennemie héréclilaire :, Dès le début de 1SG:3, il le d{otlai-ail donc à son ami Arcsc : <r Tous mesclîorts tendent i, cc que ,·ous obteniez la \"énétie ,. Il le faisait entendre aussi dans le- coutant de l'année au roi italien lui-ml'me, el ur~ rninistre se trouva.il, :\1. \pisconli Ycnosla, ancien patriote mazzinicn, mais diplomate supfrieur qui, au bout de quelques mois, allait traduire en traité la solutionque !"Empereur proposait à l'Italie. Le J~ septembre 18(;',, une convention était signée. L'Italie s'engageait à ne pas allaquer les possessions qui restaient encore au Saint-Siège; la France promcllait de 1·ctirer ses troupes, à mesure que le Saint-Siège aurait une armée de volontaires, mais tians 1111 délai de deux ans. Un article secret indiquait que la capitale de l llalie serait transférée à FlorenceCc ll·ansfert apparaissait comme une renonciation durable t, Home; mais Florence aussi • offrait les meilleures conditions topographiques sur les lignes du Pù el des Apennins •; Florence t"lail, contre l'.\utriche, la capitale stratégique. Que :'\apoléon Ill pardnl donc hicntùl a donner laVénétie i, l"llalie, el il pourrait se llatte1· d'a,·oir enfin résolu la qucstioi> qui l'oLsédail déjà depuis tant d'années. Peu in1po1·tnieut, en somme, si l'on al'l'ivait ;, cc résultat, les criaillerie!. catholiques. En réponse à la Co"'cntion du 1:; septembre, Pic IX, exaspéré, avait lancé l'encyclique f/111111111 C 1ra et le Syl/ab11s .8 décembre H',. Ces documents sonl célèbres dans l'histoire d11monde moderne. Ae nous y attardons pas. Chacun en connait 1,· coolenu : anathème à la philosophie, anathCme à la ~cicnce, anathème aux droits de la conscience, anathème aux p1·incipcs les plus élémentaires du droit public. l,c pontife romain déclarait, on le sait, c <1u'il ne pouvait ni ue dcvail se réconcilier ni transiger a\'eC le progrès, le libéralisme et la ci,·ilisation moderne •· D'ailleurs, à l'heure même• oü il fut lancé, le Syllab11s apparut surtoub comme une manœuvrc politique. i'iapoléon Ill l'accueillit sans philosophie. On eut de nouveau quelque temps la pclile guerre religieuse : l'inlerdictio.- au nom de la loi de propager le Syllab11s, la désobéissance des évêques, le lisaut en chaire au risque de l'inoffensif« appel comme d'abus», et le pouvoi.- répondant comme naguère, en h\chanl ses libéraux, en appelanl le prince c'iapoléon à la vice-présidence du conseil privé, en laissant faire la belle el pacifique manifeslatior, qui accompagna le cercueil de Proudhon, en janvier, 011 en permettant à Duruy, l'ennemi de l'Eglise, de publier dans le .llonüe11r son rapport concluant à la gratuité cl ,, l'obligation de l'enseignement primaire (février o;;). !\lais il fa li ail agir vile; il fallait en dérivant les passions italiennes ver• l'Autriche, en procurantelîeclivement la Yénétie à l'Italie, montrer l'efficacité de la com·enlion du lb septembre. L'insupportable Thiers ne.venait-il pu
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