IIISTOIHE SOCIALISTE Maximilien, ranarchie gouvernementale el les souffrances des troupes. A l'automne de 186;,, les fonds mexicains rommenç-aienl à baisser a la Bourse de Pa,·is. Dès les premiers jours de ISOfi.des journali stes comme Saint-~larc Girardin parlèrent nellemenl d'é,·acuation. En fait, Napoléon Ill qui suirnit a,·ec attention toul le déro11 lcment de l'expédition venait de s'y résoudre. Le 22 jan, ier J81;1;,il anno1H"ait avec une solennelle impudence sa résolution de rappeler les troupes : • Ainsi ,~ue j'en exprimais l'espoir l'année dernière, disait-il, notre expéditi on Louche à son terme. Je m'entends a,·cc !'Empereur ~laximilien pour fixer l'epoq ue du rappel de nos troupes ». C'était, en crautrcs lel'mcs, J'aban<lon du malheureux archiduc qu'on avait expédié là-bas pour la gloire de la Franc e cl du pape el pour le profil des banquiers. C'élail surtout la faillite a vouée • de la grande pensée du règne •· Peul-être cepenclant, en dépit des efforts de l'opposition parl en,entairc, le prestige de l'Empire n'aurait-il pas été trop ébranlé par le fiasco rnexicaio, si la question romninc, une fois encore, n'était venue précipiU'r la crise allemande et troubler profondément toute la vie Crancaise. Les premiers rc,·ers de la fortune a,·ertissaient !'Empereur de mesure,· ses f orces. Il allait au contrai1·c achc,·er de les compromellre, en suscitant de tous cùtés le dé•ordre européen. Si sommaire que doive être notre exposé, il importe cep<'ndant que nous marquions bien l'enchainement des faits. Les camarades socialistes ont encore trop tendance à négliger les faits extérieurs et à méconn:dtre leurs répercussions sur la politique gou\'crnementale. Ils se laissent trop souvent guider par des préjugés traditionnels ou des sentiments héréditaires pour que nous négligions de retracer ici les é"èocmenls d'o i, procède la situation présente de l'Europe. ~ous avons raconté plus haut p. 140 comment, au lenùcmai11 d'As1)l'O• monte el à la \'Cille des élections de 181i:3,!'Empereur était brusquement revenu à une politique fa"orable au Saint-Siège, comment Orouin de Lhuys, le mioislre ami de J'lmpé1·atrice et du pape, avait succ édé à ll1ou\·cnel. Pour la protection de la papauté, !'Empereur était prêt, en cc temps-là, à une seconde expédition de Rome. C'en était assez pour que l'Ita lie oublitlt les bienfaits de 1859; et les patl'iotes unitaires s'étaient pris i, ha·11·la France au moins à l'égol de l'Autriche. Or celle haine était insupportable à l'E111pere11rel le vcroatile sou\'erain ne devait point larder encore à changer de politique. S'il ue pouvait satisfaire l'Italie, sur le sujet de Rome, ne pourrait-il au mo ins lui donner satisfaction sur un autre point? ~e pourrait-il, par cette compensation, lui faire oublier Rome? Il s'en 0auail, et son esprit se rassurait à celle idée. L'alliance italienne devenait ù·ailleurs pour lui une nécessité: la Huss ie ,'était tournée contre la France depuis l'affaire de Pologne; il sa\'ail qu'il
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