IIISTOIRE SOCIALISTE sensible dêception. Le 2() ao,H 18H5, .\1. Ot'Ouin de Lhuys fit entrndrr la protestation française: ~ Sur quel principe, écrivait-il dans une c·irculairc·, tcposC' )a combinaison au!-tro-prussienne? ~ous rcg-rc-ttons de n·y trouver d'autre fond('ment que la force, d'autre justification que la convenrmcc réeiproque d<·s cieux copartageants. C'est là une pratique dont l'Europe actuelle était déshabituée. rt il on faut rlwrchcr les précédents aux âges les plus funestes de notre histoire ». Et le ministre français, après cette allusion au pa,-tage de la Pologne. opposait à la théorie du droit J,, conqm'l•· la théorie du droit des peuples constaté pat· plébiscite. Vai11e et triste protestation! Dès alors, la France impërialc n'<'tait plus eu état de soutenir ce qu'elle croyait le droit par la force de ses armes. 1'11 moment où la Prusse partageait av<'t l'Autriche UJh' terre allcrnande, promise et garantie pa,· la Diète à un prince allemand, à l'heure ol1 la Co11fédédllion gerrnanic1uc mcnact~e au rail ru plus que jamais hrsoin d'-" l'appui lraditio11ncl que la F,·an("e lui a,·ail assur{'(' c-ont1·e les Etats trop fort, et Lrop ambitieux, Xapolf.'011 111 apparaissait rommr frapp(· dïmpui~sance. l.cs préoccupations compliquées, qu'une politique dispersée comme la sie1111cappelait a,cc ellr, paral~~•lÎrnt son aC'lÎun. li commC'nc-ait à parler :-ans agil', snns manif<:•ster sa fo1·c-c: dès alo,·s, il rt\'ait droit au mC'pris dr BismarC'k. Lr dur 1·,·aliste t'-lait c11 droit de p1•nser que les fortes matérielles d,· l'l~t:il franc;ais dt~clinaicnt. Et, de fait, en ces mois-lt1. des lroupc:-i franeaises de plus en plu!--<'011sidêrables se trotn·aic·11t imn1obilis(·cs cl g:.i<-hl~Ca'Su ~kxiquc, oi1 la grande pc11séc du 1·i·~ne 111C'11açait d'aboutir· it la plus sinistr(" des a,·cntm·es. :\ous a\'ons dit plu, haut p. 1:H;, la situation dans laquelle se tnn1,·aienl, au milieu de J81i2, lrs (i.000 hommes de tl'oupes fra1waisrs isolés au :'.\lexique, lor~qur P1·irn, sentant l'impuissanc<' <ll's monarchistes mexicains, ,·enait de décider l'Espa~ne à retirer son l·ping-k du jru. C',nait t'lt; juste le 1nomenl, au contl'airc. oi1 la France a,·ait rénqé son entier de~sci11 de rt~lahli1· au ~lèxiquc une mon arc-hie catholique. Depuis Ir début <le l'cnlrcprisc, l'Empcrcur a\'ait promis à rarc-hiduc ~Ln.imilien, gendre du roi des Belges, épo11~ de la lrès catholique princesse Charlouc, de le faire Empereur du Mc:,.iquc: il se sentait engagé d'honnrur. Le g-éné1·al Lorcn<·cz a,·cc ses six mille hommes n'a,·ait pu prendre Pnrbla fidèle à Juarez (mai t8G2). L'Empercur avait alors décidé l'envoi d'une expédition irnposantc, aux frais du Trésor fran,·ais. En mai l8ti:l, le général Forey,, la tète de forces plus nomhrcnscs, s'était emparé de Puebla. En juin, les troupes frantaiscs étaient entl'écs i'l ~lcxico,ct la junte,con\'oquéc par elles, avait proclamé ~laximilien empereur. Le :\lexique était conquis, mais hiarez tenait encore les provinces du Nord; Porfirio Diaz occupait le Sud, et contre l'étranger les patriotes de plus e11plus nombreux ralliaient les républicains. Presque à contre-cœur, et désormais sans confiance dans la grande
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