Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIJSTOIRE SOCLALlSTE penùanl: la Aïcir,staaterei, • Loule la petite Etalerie ,, si l'on peul ainsi traduire, s1 étail lrop sou,cut opposée déjù aux ambitions prussiennes; il ne fallait point sottement la renforcer. Proclamer duc Augustenbourg, ce u'eùt certes pas élé travailler pour le roi de Prusse. Bismarck décida donc que cc dernier devait prendre pour lui les duchés. ~lais il eut l'habileté d'entrainer a,rc lui la protectrice traditionnelle des pclits Etals, l".\utriehr. Il suffit de faire peu,· au gouvernement autl'ichien. Bis marc"-lui rep1·éscnta que le mouvement pal1·iotiqur allaila\'oir couséqucn<'e en AlJcrnagne une poussée libérale, un nou,cau n,011,•cmeol ré\'Olutionnairf' et il le décida à substituer une action en commun a, cc lui,, celle de la Dièle germanique. En fénicr 1864, les dcu><puissances sommè1·ent le Danenrnrk de donner au Schles" ig une constitution indl'pendantc et, sur i;on refus, occupèrent militairement les duchés. ~lais qu'allait faire l'Europe, garante clu prntocole de 1852? - Oi·s avant !"entreprise, ~I. de Bisman·k sélait chargé de le neutraliser. L'affaire de Pologne lui :nait aisuré la neutralité russe. L1.\nglcterre, un moment, poussée par lt's p1·incipaulés aJlemandcs, tint pendant quelques semaines en suspens (de mai à juin la politique de Bismarck; elle l"ol,ligea m~rne par cell~ politique à se déclarer pour la candidalu1·e d".\ugustcnbourg. ~lais elle échoua à régler définiti,crncnt la <1ucstion. Quant à la France, ell~ restait neutre et plulùl au fond sympathique à la Prusse. L'Empereur s'attardait à chercher le mo1en d'affirmer dans les duch,·s sa politique des nationalités et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. ~lais il se perdait dans les difficultés que faisait naitre là le mélange des races : et il n·eùl point été f;ich(· pcut-ètre d'obtenir dès alors par ùcs co111plaisanccs cn\'crs la Prusse la promesse d'une aide pour résoudre 1111 jour la question italienne. Quoi qu'il en soit des mobiles (rantais, Bismarck, profitant de cette situation, poussait hardiment sa pointe : en aollt 1801,, les deux puissances 1·cceHirnt du Danemark les duchés conquis; elles devaient les remettre à .\uguslcnbourg: mais en fé, rier 18ü:i, la Prusse imposait à ce dernier de telles conditions (cntrt'e clans le i'.olhercin, armée incorporée dans l'armée prussienne, cession de Kiel, que celui-ci refusait et que Bismarck proposait purement et simplement l'annexion i, la Prusse fé,·rier JSH;;J. Un moment L\utriche parut résister. On put croire la Julie imminente entre les deux puissances allemandes. A Berlin, on ne parlait que d'armements; à Paris, de Colt, cherchait à s'assurer de l'amitié française contre l'Autriche, rt, 1>our l'Italie toujours, le gouvernement fran\·ais paraissait disposé à la laisser marcher. Le roi Guillaume cependant préfér:i la paix. Le 14 aoiot, par la COU\'Cntionde C:,stein, la Prusse et l'Autriche se partageaient la possession des duchés. L'.\utriche prenait le llolstein, la Prnsse le Schleswig. Ce fut pour les libéraux frao~ais qui soutenaient la Prusse en haine de l'Autriche, et pour le gouvernement impérial qui cherchait dans l'alliance prussienne un moyen de faire chanter l'Autriche en Italie, une première et

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==