HISTOIRE SOCIALISTE enlrcpr·isc, :'llaximilicn s'était embarqué le il, mai J8o.;. li a\'ait fallu les inslanr<'s de sa femme, des monar("hisles mexicains;, des agf'nts du SaintSiêgc. des courtisans autrichiens pour le déc·idcr à partir; cl il était monté i, bord du N0Mr1•, plein de mélnncolic cl de colèr·e contre tous ceux qui escomptaient, dans leur intérêt pc1·sonncl, ou sou départ ou son règne. A peine arri,·é, à peine acclamé, il s'était senti impuissant. Impuissant à donner satisfaction ~l la papault\ qui 1·éclamait la restitution des biens d'Eglise, car les libfraux modfrés a,·cc lesquds il était contraint de gouverner ne l'auraient point souffert. Impuissant, d'autre part, à satisfaire pleinement ces mêmes libér·aux, qui attendaient contre l'Eglise des décisions immédiates, décisions que l'Empcr·eur, solcnnellcmcnl béni par Pie IX, ne pouvait prendre. :'llonarchislcs el libéraux se tournaient également contre lui; cependant que le mar·échal Bazaine, c,,mmandanl en chef des troupes françaises, multipliait les intrigues et tentait de le faire déposer. En celle fin d'aVl'il tSti5, à l'heure ""'me oi, la France protestait contre la con,·cntion de Gastein, à I1hcure oi1 les ê\'C11cmcntsallc111an<lsréclama.icnL déjà toute son aUention, elle se lrou,·ait au ~le>.ique en présence de ce dilcmnc : ou rcp1·endrc l'affaire ;1 son compte, fait·(• de nou\'Cau, l"mprunts, expédier <le 11011\'clles troupes; ou ahanclonncl' ~laximilicn, a\'ant que sa ruine définitive l'ntach.i.t l'honneur francais. Quclqurs semaines. on a,ail pu croir·c que la France accepterait la prernicrc allcl'llati,e: Fould foi.ail appel à l'épargne française; les actions des mines mc>.icaines faisaient fureur a la Boun,e. Houher parlait toujours a\'et' enthousiasme de l'rtle entreprise ·hardie, conçue par le géni,, de !'Empereur et qui dc,·ait <'Ire pour la France tout ,·t la fois • une grande affaire lucrati,e et u11c pag-e gloricust' •· :\lais, si les complications europCcn11cs ou lt•s charges finanril'rC's ne constituaient pas pour l'Empire un ads sufftsa11t d'en finir au ~lt:'xiq•uc.une autre puissance allait se <"11argerde l'a\'ertir. La capitulation du t(cneral Lee, le!) a\l·il J86;;, avait mi!i fin ù la guerre de sécession: les Etal:,-Cnis a,aicnl les mains libres, cl ils n'avaicrrt point oublié la doctri11e de :'llo11roi·. Di·s la fin de J$(ij, ils soutenaient Juarez au Texas. rcfusaic11l de traiter :'llaximilien en sOu\'Cl'ain, rL au fur :t mesure qu'ils reconstituaient leurs forces, envoyaient à Paris des notes plus mena\·antcs. L'heure des embarras avait sonné, l'heure oü l'on allait se <lcmandcr si la poliLiquo napoléonienne, loin d'apportcl' à la France la gloire qu'elle prélen; dait lui donner, ne compromettait pas au cootr·airc jusqu'i, ses intérêts ,•itaux. Ce fut la question que posa alors avec ncltelé l'opposition parlementaire. i'.ous ne pouYons, nous socialistes, être tendres à la plupart des hommes qui la composaient: si l'Empire leuravail fait plus de concessions immédiates, s'il s'était abandonné à leurs conseils, ils se seraient trouvés 3\'er lui contre les revendications prolétariennes. On l'a vu en 69 et surtout en 71. l\lais ce sera
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