IIISTOIHE SOCIALISTE l'homme qui présidait déjà ù ses destinées sa,·ait que dans rEuropc nouvelle, ol1 les nationalités ré\"cillécs faisaient \'aloir leurs droits histo1·iqurs opposés et contradictoires. cc n'était poinld'un Cong-rcs ou d'uncConfércncC' pacifique, qu'un Etal pouvait attendre la satisfaction de srs a111bitio11s.Tandis que ('Empereur français gaspillait les forces de sa uation. )1. de Bismarck assurait celles de la Prusse: ses collaborateurs. Hoon et de )loltkc, la dotaient d'une puissante or:ianisation militriirc; depuis l'affaire de Pologne, il a,·ait acquis l'alliarwc russe. cl du ntttmc coup, il aYail porté une premièrr atteinte it la 11répon<ll~rancc fran~·aise. Il avait les mains libres en Europe. Dès Jes premiers moi:, dt~ 181i'i, il pou'"ait commencer de réaliser le projet traditionn.~I de la monarchie prussienne : 1"1111iléallemande sous s011 hégémoni('. Il ne nous csl point possible (i(' retracer ici ni les origines de l'étonnant hobereau prussien qui allait 1,ieutùl emplir Ir monde européen c.lc son nom, ni les d<.~nu\lésque depuis JSl:. la Prusse U\'ait connus av('c l'Autriche ou la foule des petits princes allemands. Prenons Ir roi au me et son uai chcfrn relie fin de 1863: Bismarck, alo,·s ~lgé de !18 ans. prc111il'r ministre du roi Guillaume depuis l'autornnc de 1802, et ministre absoluti-,tc, menant la bataille a"cc acharnement, rontrc lrs libéraux, contre les professeurs. <Jui prctrndrnt discuter le budl{et, contrôler la monard1ic, alors que l'.\llcmag-nl' n'a cure que« de la forc-e JC' la Prusse et no11 de son libéralisme»: - ln Prusse, d'autre part, déj:.t pour·,·uc d"une armée puissante, capable dïmposcr par une menace' la ,ignature d'un traité de com111e1t.·c:1 la Ba,ière etau \Yurtcmlwr!! octobre 1862, el parlant haut it l'Autl'Îc·he. Le J,; no,•embrc l81i3. la mort du n>i de Danemark, Frédéric \ïl, allait èlre pour }a Prus~c la prrmiêre O('c.-asion de Jl:lSSCI' aux actes. Il y a\'aÎt, incorpor,'s au Danemark, deux duchés, le Schleswig cl le Holstein, dont les patriotes allcnrnnds a,·aienl tenté "ainemcnt <le s'emparer de 18118 à 18:;0. Frédéric \ïl avait hattu les troupes fédérales; il a,·ait irardé la possession des duchés. Bien plus, comme il était sans enfants, comme de~ droits de succt•ssio1! diffêrcnts dans le royaume et (lans les duehés ))011\'aÎcnl roun·ir la question à sa mort, les g1·ande~ puissances, intcn·cnant, a\'aient décidé, par un protocole signé :1 Londres en mai 18.;2, que Christian de Clucksbourg, mari de la nièce du t·oi, serait héritier de toute la monarchie, y compris les duchés. Depuis lors rep~ndanl le conflit ne s'était pas apaisé; Frédéric \ïl a-ait connu, en Schleswig et en llolstein, de nombreuses difficultés administratives el les patriotes allemands, hommes aux ambitions tenaces, n'a\'aienl cessé de réclamer la reprise des duchés. A la mort de Frédéric Vil, Christian de Glucksbourg. Christian ]X, de,·inl roi en Danemark; mais, au niépl'is du protocole de Londres, les duchés proclamèrent comme leur souverain le duc d'Augustenbourg. Bismarck ne se souciait pas de créer en Allemagne un nouvel Etal indé-
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