Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIHI, SOCIALISTE la mL,lliplication des grè,·cs, cl l'opposition d(' la gauchr libéra)(', qui 1,·ou- ,ait la loi ,·a1\tir11sc. p11isq11'ellc donnait aux ouvriers le droit de rnalition sans le111·d,)nnrr le droit de l't~union, et qu'on leur interdisait ainsi de se •·onec1ter pou1· déeider, 1·cpoussrr ou conduire la grève. Julrs Simon, Jules Fa,re demandaient l'abroµ-ation p11I·c cl simple <les artidrs 111ft, 1,13 rl 1,u; du Code pénal. Olli, ier leur reprocha de ne pas ,a,oir sr contenter <l'un J)l'('mÎer progrl•s, rt. soutenu pa,· les ministres. fit adopler )(' lC'xlc 11011,·cau. Cc trxte marquait sans doute nn pro;.{1·C's: jusqu'au 2:; mai 1801,, tt la coalition dail 1Hinissablc. dans tous les ,·as. quelle qur f,H lïnt,·ntion des personnes entrées dans la coalition, quelque légitime que pùl t~ll·c !('111· prélC'nlion, quelque C'XCtnpls dt-. bhirnC' et dï111moralité que puss('nt èlrC" les moyC"ns employés pour former ou maintenir la coalition. D'apt'ès le te:-..tc nou\'eau, ne furent plu~ punies que « l<.'s ,·iolenccs, ,·oies de fait, menaces ou rnanœu,Tès frauduh--u~e~ », faites dans Il'!but d'amener ou maintenil' une coalitiûn, ou Je portf•1· atteinte au libre exercice de lïndust1·ie 011 du trrt\·ail » art. H~). 1;artil'1,. lii(i ét,,blissait la t·éciprocité pour les patrons; l'artidc 'il~, augmentait les J)('Încs préntC's par rarticlc t,J '•, lorsque les faits punis par cet a1'tidc aurai(•nt t~te co111111ispar ~uitc d'un plan concerté. Toul{'~ les peines prén1c~ ~·laient plus séYêl'Cs que relJcs qui atteignent des peines <.\nalogucs dans le th-oit commun. C"est que la bourgcoisi(', on le sait, doit défendre ce qu'elle appelle la liberté du lra,ail ! .'i'insistons pas. Les camarades sotialistcs 0111 tous appris par expt;riencc cc qu'est le droit de coalition, solennellement re<·orHlu parla loidel86'1..\ul)Outdc ci:uara11tc-<lcux a11sla discussion qni s'Clcn1 <'nt1'e.luks SirnoH et Emile Ollivier n'est pas encore close: mais telle a é-té- raccurnulation de peines, issues des artic-les t,1', et t,1.),dcpuis la promulgation de la loi de 18()11, que des rt;pnbli('rtÎ ns modrrés eux-mêmes se sentent l.'Ontraints de demander l'abrogation de leurs sinist,·cs dispositions . .\ l'époque oit elle fut promulguée. la loi ne po,n·ait satisfaire les prolét~ir~s. Elle arco1·dait le <lroit de coalition: mais elle refusait le droit cl'assol'Ïalion. Elle reconnaissait la grhc spontanée et dolente qui éclate, lorsque les oun•ier~ d"une entreprise sont à bout; elle se refusait à reconnaître t'clle tiuc des ou,Ticrs conscients de leur droit et de leurs for·ces :1t11·aicnl pu foire, et qui aurait prC,·enu rautre. Coulant marqua dans quelques articles le mécontentement des ôu,-riers conscients. En fait, la loi n'était applicable qu\H"cc un large 1'égime de tolérance pour les assotiations; et le pou,oi,· dut s·y plier. De nombreuses sociëtés de secoors mutuels ou mè1ne d'épargne prirent un caractèl'e S)·ndical plus prononct! et inlt·odllisirent dans leurs statuts des article:-. concernant la résistance. Des procès comme celui qui fut intenté à la Société de bienfaisance <les portefaix de Marseille, pour arnir prescrit,, ses 01cmbres de n'accepter de place qu·a,·cc l'assentiment du syndical, leur appt'Cnàient pounarlt, cie temps à autre, quïls ne devaient se fier que modérément à la tolérance gou\'crncrncntale. Le ré;time d'arbitraire et de faveur se trou,·ait sin1plem~nl déplacé: il ne s'appliquait plus à la grèYe,

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