Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIIS'l'OIHE SOCIALISTI~ lariat, rn é,ita11l toute l11Llc de classes. Les prolétaires consricnls étairnl a,idcs d'instruction cl de lecture: nous avons ,·u quelle place, les revendications d'cnscig-ncmrnt tenaient dans les programmes ouvriers. Des bibliothèques populaires étaient fondées de tous côtés: et pour répo ndre ,, l'al'denl désil' dïnsll'uction qui tourmentait les p1·olétai1·cs, lc•s collections it hon nHnrhl' de la lliMiotltèqur uatfonale c-t <le la /JiMiothi,fJUP uti/, étaic11t r1t!'l'rs. (Jui d(• nous n'en a r('t1·ou,·é les ,·olumcs <lans les modestes bihliothl'qucs des tr:n·aillcurs de r.. ~poquc ~ Au même temps encore. le mou,cJncul '\ t~oopératif, aidé, lui, p1·csquc sans 1·,~scrvr.pal' la hourg-coisic, prrnai t un no1ffcl essor. En ll!H3. Beluzc puUliait par li\Taisons son lin-c sur les .l,•uociatitms, ronséquenre clu progrtl.,;. La mème annt··c, ù son Con~rCs dr C;ind, l'.\ssorialion internationale pour ra,·anccrnenl des sciences sociales se prononçait en fa,·cur des soc-iélt~s coopt:ratiYcs. Les libéraux de toutes opinions s'intérrssaienl au mou,·cmenl; C'l lorsque Brluzc fonda le crl'dit au traYail, il troU\a dans tous les partis, depuis l"odéaniste Casilllir-Péricr cl le catholique Cochin jusqu'aux républicains .-a,licaux comme Clémcnceau et :'ia<1uet les plus chaleureux appuis. A celle première banqu~, Léo n Say et ,Yalbras ajoutaient bientùt la Caisse d'escolllpte des associations pop ulaires. En pro\"Ïnce. à Yalcncc, ù Lyon, à Lille, ,, Saint-Üiennc, l'exemple était sui\'l. La coopération - c'est le nom que l'on substitue dé"ormais à CC'lui d'association. qui rappelle trop de déboire, - la coopfratiun, sou s toutes ses formes,si.,lui,aitclc nombreux prol(·taires.Dc J8;;J a juin 186:l,8 nou,·clks soriét,•s sculclllent arnicnt été rondécs; de juin à décembre Jl!li3,_il y en eut tout de suite 1:; en formation. l,!uclqucs mois plus tanl, en no,cmltt· c J8H~, 1111journal était fondé, destiné précisément à intensifier le mouvement coop,·1·atif. Seuls. des républicai11s y écri,·aicnt. Son conseil de surveillance était composé de Bcluzc, Favelicr, ancien rédatcur de l'At,lier, Fleury, ancien représentant du peuple, i\lott11, négociant, Xo,·l Parfait. Elisée Hcclus; cl clans son comité de rédaction. on peut rclc,·er· les n oms de Chassin, de Gusta,·c Chaudcy, de Cohadon, des maçons, de Da,·aud. géranl des soci,•tés de crédit mutuel, cl'E. Despois, <,le Horn, l"économi stc, de Laurent Pichat, cl'l lcnri Lcforl, bref de quclcpres ouvriers et des démocrates ks plus a,·ancés, les plus sûrs. La coopération n"éveillail poinl les rn<'mes inquiéludcs que le mou,·cmrnl <les randidalurcs ou,Tièrcs, oll s'exprimait ,h'jit la conscience de leur classe prise par les militants de Paris. Ceux-là, cependant, ne restaient pas inactifs; cl c'est à eux encore que nous devons consacrer le meilleur de <·es pages, trop limitées en nombre. Au mois de rnai J801 1, le gouvcrncmenL, sous la pression de leu1· mouvcmc-nt, . leur donnait en partie satisfaction. Désirant r·cgagncr la dassc ouvriè re, dont les (·lections de 186'.l avaient démontré l'hostilité, il avait résolu d'abroger la loi sur les coalitions. Le projet a,·ait eu comme rapporteur ~I. E. Olli,·ier, qui, à cette oc,·asion (nous aurons à en reparler) s'était définitivement sépar é de la gauche: il avait rencontré l'opposition des inclust.-icls, qui redo utaient

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