IIISTOIHE SOCIALISTE mais à l'association. La loi même de 1881, n'a fait en quelque sorleclle aussi que déplacer l'arhitrairc. La coalition est légale, le syndical est légal: mais il reste rnrorc la Yiolation de la libcr·Lé du Lra,ail. Et qui dira o,, commence cette , iolation :• En mai 1861,, en tous cas, les militants parisiens étaient déj,, trop avertis pour se laisser prcnd,·e aux apparentes concessions de l'Empire. Laissant le gouYerncmenl i1 sa politique mesquine, et dédaignant les quelques ouvriers qui dcme111·,1ie11t à la dévotion du Palais-Hoyal, sans découragement, sans lassitude, con Gants dans leur fol'ce nouvelle, ils cherchaient désormais d'un autre cùté la voie de leur émancipation. Lors de la dCl1.··gation à Lond1·Ps, 11ous l'avons vu, des l'l•lations avaient été établies cntr,• ouni,·rsanglais <'l ou\'l'iers français. Depuis la fin de 1862, elles n':H·aiC'nl jamais t'·té intrr1·om1H1e:--. Au p1·emicr moment. lors de l;1 ,c-nue des français, )es lradr-1111ioni~tcs ne srmblaicnl pas avoil' perçu l'importance du mou,cmcnt, le eomité <le 1·é<"cption n'avait 1>as êté p1·is panni eux. Mais 011 y r('111ar<1iirtil ùcs mcmb1·rs de 1'ancic11nealliance des Communistes; cl les relation:--de ces rt~fug-il·s. avrc lrs Unionistes, de,air11l peu il peu ttagner rc:-: drrniel's à l'idée d<- relations 011, ,·ières i11leniationales. Juslt> :t cc moment, craillcurs, les l'nions anglaise:-- a<loplaicnl une nouvelle laetiqut:". Elles a,aicnl alors ù leur Lo'Lcd,·s hommes 1·cmar·quablcs, comme \\ïlliam .\ lla n, le secrétaire général de la Sotiétè amalgamée des mécaniciens, l'infatigable, patient rt méti,·uleu~ administrateur, 011Hohcrl .\pplt•gar·Lh, l'administrateur d,• la no11H•II,·so,·iété d,·s tharpenliers, le militant d'esprit alerte, nu\!'rt et c·onc·i)ianl. qui. ~oucirux d'as-.urcrau trade-unionismes u11c situation soc-ialr cl politique rct'onnuc par la loi, l'entrainait à manifesler sa puissa11ct• dans tous les domaines politiques el sol'iaux; auprès d'eux encore, Gco1·gcs Odgct\ l'orale111· brillant, l'idole dr, l'adicaux de Londres, qui, en attirant les foules, don11aitau noun•au n-1ouv('mentdes troupes toujours plus nomhreuses. • Poul' la pr·cmièl'C foi, dans le siècle·, 1·cma1·quc•ntBéatrire et Sidney \\·cbb, dans lo•ur 1/i.,toirt• du /rade-u11io11isme p:ogc 2:ïl de la Lrnduction fran,:aise, le mouYcmcnt ouvrier pa~sa sous la direction non plus d'amis apparlc11anl aux c:1asses moy<"nnf's 011 :,upérirurcs, tel c1ue PJace ou Owen, mais dt\ purs ou\'rirrs forml•s spéciale-ment pour C('tle position ». Le fait vaut d'être marqué ùans sa généralité : le mou,cmenl frantais, au même temps, a\'aÎl t'xac- . tcmenl le 1_nèmccaractt'l'e. Or, ,·es chefs syndicalistes, qui dcvaientfo,·mcr pins Lard la Junla cl qui se relrOu\'aient déj,1 dans le 1i·ades-Co,meil, c'est-à-dire dans l'I.Jnion des syndicats de Londres, récemment fondée, se préoccupaient d'étendre l'horizon un peu étroit du \Ïcil Unionisme, et de passionner les OU\'riers anglais pour ces pl'oblèmes de politique générale, auxquels ils étaient demeurés jusqu'alors indifféi·ents. Par là, espéraient-ils, ils conquerraient pour leur classe une égalité sociale, qu'elle n'avait pas encore, el ils l'affranchiraient plus s1\1·ement que par des grèves, par des lutte\ limitées à des relèvements de
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