Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOlllE SOCIALISTR 227 suffisammenl repl'ése11lés pal' t< des homrncs~..J1011nêtes <'l ~.qui sa,·ent •· Il est ,-.,aisemblableque cc manifestcftit commandé ou sollkité.1/examc-n des signatures prouve qu·on en fit passer le texte dans des atclie1·s et qu'(,n prit en bloc des noms. l.cs 80 ne fo1·maient pas 11n g1·oupc <le militants convaincus, animés d'une m~m~ pensée. :\lais il ne fout point pour cela méconnait,·e le gra,·e problème de tactique qui dés alors scJposait. Fallait-il, dans le t.·adt"e 111èmede l'Empire~ s'occupe1· ~d'a,néliorer immédiatement la situation o," rière? Ou fallail~il réservel' ectlc besog-nc pour la Hépublique qui de\'aÎL venir, qui viend1·ail? La réforme politique ~n-était-elle point, selon une ll'adition vivante, selon la pure Lraditio11 blanquiste, lr moyeu de la réforme sociale~ Les hommes qui prétendaient défendre les intén!ts spéciaux de la dasse ou,..-ière a,aienl beau proclamer qu'ils acceptaient le progt·amme <le l"opposition, beaucoup de républicains, ouvriel's ou bourgeois, se <lemandaienl fatalement s'ils ne faisaient point le jeu _de l'l•;mpi,·e. :\lalgré le t·aracli·re d'opposition qu'a,·ait l'Opim·on Xaiio,utle, Jes rapporls ,de Cuéroult et tles oun·ie1·s tcndaienl it faire croire <rue le C'andi<lal oun:·icr,élait le can• didat du Palais-Hoyal. Sincèrement les uns le pensaient, C'omme par exc1nplc Clamagcran, qui, au lendemain des élections, écrivait qu'il "' y a,·ait beaucoup d'intrigues dans celle candidature el que le Palais-Royal n'y t·tait pas étranger ... » l\lais même ceux qui n'y croyaient pas avaient int,~l'èt a 1·épandre le bruit, pour oe point sembler prendre position contre la <·lasse ouvrière et en même temps couper courl à .ces ,·andidatures de divisjon, 1)Ü ils sentaient, plus ou moins, lr recomme11t<"rncnt, d'un mou\emcnt de ,·lasse. Les Soixante com.prirenl le danger. La candidature de Tolain avajt été posée le (j mars da11s la ::,e circo11scription. Il con1:p1·itqu'au risque de se 1>river de la publicité de !'Opinion.. :ration.ale, cl au J'isque de; compromettre un moment.le sort des 1-éfo1·mes les plus nécessaires, il fa liait sauw•gardC't' l'avenir <lu motncmenl. Il reehcrcha la eaution <le républicains sùrs el •a.\'anc.és. llcnri Lefort dut aussi vigoureusement i11sistcr dans ce sens. Tandis <pie la polémique continuait enlre les pa,tisans des 60 el cu,s ,80, tan<lis que les listes d'adhésions se cou,-raient de sigoa,t.ures da11s les atcJieJ·s et étai.ent cnvoyée-s aux journaux, Lefort soliicita des .coocours moJ·aux. Le Umars, parut dans l'Opinion ."frttit>nate, el fut di.-stribuée rlans~la .. cire-0J1scription une circulaire-programme de Tolain. On y trouvait insérée uoe 11.oug-uelettre signée, par ordre, de Ch. Delescluze, ancien com1\tissa.ire géuéral de la République, de ~olq Parfait. ancien représentant, et de Laurent Picluit, tous lJ·oü recommandant Tola in aux électeurs, et montrant« la raison d'..._\t1·e de ~a candida.turc dans l'ordre général des idées démocratiques •· Or, même <la.uscelle letJ..rc, et, ,ious la forme de l'approbation, les l110isdém~ales avao.cès faisaient des 1~nes ; i( Eo pt'inoipe, OOrhaienWls aux. ouvriers, uous rcpoussoos Loule diotinetion de classes, nous ne voyous pa.rloul que des ciLoyens ,égau.x c.a droits, égaux en devoirs. Sous ce rapport, nos sentiments sou.t.Jes •ôlres;

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