Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

'..!18 TIISTOIRt SOCIALISTE fécond que relui d'{·puiser leurs forrcs dans les luttes jour naliè1·cs, 011 <les deux cùtés, les ad,·cr~air<"S ne lrOu\'Craienl en définitiYe que la ruine pour les uns cl la misère pou,· les autres. Le Ticrs-l~lat disait: Qu'est-cc que le Tirr-s~:tal :1 Rien. Que <loit,-il <'Ire? Toul! :'fous. nous dirons: la bourgeoi sie, noll'C' ainée en émancipation, sut, ('Il lïS!l, absorber la noblesse et dl~truirc dïnjustcs J)l'Îvilèges: il s'agit pour nous, non de détruire les droits, dont joui~!i-entjustcment les classes moyennes, mais de conquérir la n1t~rnc liberté d"art ion. En France, pays démo<·ratiqnc par excellence, tou t droit politique, toute réforme sociale, tout instrument de.p1·ogrês ne peul rester le privilège d,~quelques-uns. Par 1a fol'ce des choses, la nation qui possède inné l'esprit d'égalité tend i1résistiolemcnl ,, en faire le patrimoine de tons. Toul moyen de prog1·l•s qui ne peul s'étc11d1·c, se vulgariser de manière t1 <·onrouril' au bi<'n-êlre général, en drsccndant jusqu'aux derniêres couches de Jn société, n·csl point compll•tcrncnl démocratique. ca1· il C'onstiluc un privilège. 1.a loi, doit ètl'C assez large pour permettre ü charun iso)émcul ou c,>llrcti,·emcnl. le dé,eloppemcnt de ses facultés. l'emploi de ses forces, de son épargne et de son intcllig-rncc, sans <]u'on puisse y apporter d'autre limite que la liberté d'autrui et non son inlérèt. (,}11"011 ne nous oN·use point de l'f;vcr lo,:~ agraires, è;:rtlitt~chimériquP qui nll'tlrait chacun sur lf' lit de />ro<·11ste, partage, maximum, impùt fol'cé, etc ..... Xon ! il est grand temps d'en finir a,·cc ces c·alomnics propagée s par nos ennemis cl adoptées par les ignora11ts. la liberté d11trtwail, le cr.:dit, la :>11J/idarité. 110,ïti 110sn:ves. Le jour oll ils se réaliseront, pour la gloire cl la prospl•rité d'un pays qui nous est cher, il n'y aura plus ni bourgeois. ni prolétaires, ni patron:,, ni ouYriers. Tous les citoyens servnt égaux en droits~ :\lais, nous dit-on, toutes ces réfo1·mes dont vous avez besoin , les députés élus pcu\"rnt les demander comme ,·ous, mieux que vous: ils sont les représentants de tous el par Ions nommés. P.h bien! nous répondrons: :'\on! nous ne somm<'S pas représentés, cl "oilà pourc1uoi nous posons celte quPstion des candidatures ou\'rÎl·res. Nous savons qu'on nt> dit pas candidatures industrielles, commcn;iales, militaires. journalistes, etc ... : mais la chO,'iC y Pst, si le mol u·y est pas. Est-cc que la très i;randc majorité du Corps législatif n'est pas composc'o de g-rands propriétaires, industriels, commerçants, ~legénéraux, Je journalistes, etc ... etc .. qui votent silcnricusemenl on qui ne parlent que dans les bureaux, et seulement sui· des questions dont ils ont la spécialité? \ · l'n très petit nombre prennent la )>arole sur les question s générales. Ccrl~s. nons pensons que les ouvriers élus dcnaicnl cl pourraient défendre les intéri·ts généraux de la démocratie, mais lors même quïl s se borneraient ù défendre les intérêts particuliers de la classe la plus nombreuse, quelle spécialité!!! Ils combleraient une lacune au Corps législatif où le travail manuel n'est pas représenté. :'-lous qui n'avons à notre service aucun de ces moyens, la fortune, les relations, les fonctions publiques, l a publicité, 00011,

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