Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

HISTOIRE SOCIALISTE du commercc, protecteur de l'industrie, Ir pou\'ait-il :• li srnroil bien <111cles g-rand~ 1rava11xn,avaicnl point suffi ,'t rallier la classe ou,-riêre; il constatait que hra11coup de ses membres 1·cstaient fidèles au parti républicain; el les consc-i11crsdémo<Tales, ceux qui l'a,·aicnt poussé à rallicl' la démocratie par la g1oirc, ceux <1ui lui a,aient valu l'o\'ation dr 18.JO, lor~ du départ pour l'ltalir, lrs hommes du Palais-Hoyal et les amis du prince :\apoléon. avaient sans doute raison de le pou~ser à fai1·r des con<'C"~sionsau, revendications sociales, i, étal,Jir J"alliance de l'Empire et du proll'larial, i, réaliser Ir sorialismr cC-.arien: mais, n'étaÎl·C'<' point, encore une fois. contrarier l'e?<isOt"de lïnd11st1·ic :1 ... et qui sait, si l'on n'otnrirait pas ainsi de no11n'au la \'Oieaux dt:bord<•mcnts 1·(•,0l11tion11ah·cs ~ Le procureur dt.• Lyon Je disail hiPu dans un dt~~("~ rappol'ts : « Toul cc qui amo1·tit. tout cc qui elîacr, tout rc <111i éteint doit (·trC'jrté sur les passion-; qui fermcnl('11l ,--hcz nos ouvriers : leur enlc\('I' tout prétrxlc de n~union, dC'dt'·lib<.'ratio11 ~ admett,·c le rnoins possible' leur existence commr <·orps rolJ('C'tif:refuser de 1·C'c-on11aitrc en cux une classe distincte •, tel était prut-ètrc le, rai programme. Entr,· la liber·t~. seule ('apable dr lui rallier la <"lasse ou\Tièrc et la lradilion :u1toritairc d<'la bourg-coisic. !'Empereur h(•~itait. Pour qu'il S(' d(•cid,H enfin, pour qu'il fil ou lais,,H faire un pas. il fallait que l'intérèt dynastique parl,\t ~ncore une fois. Il fallait que J"appui de la classe °'" riére apparût comme nécessaire i, la r{·alisation d'un J>l'Ojctimpfrial. Or·, e11 1860, l'l~mpcreur eut besoin que la classe ou,-riêre fit entendre sa ,·oi,; cl <·ommc naguère en JS~,O, les républicains purent parler, pa,.ce qu'ils de,·aicnt parler sliremcntdans nn sens farnrablr aux desseins de !'Empereur, parce qu'ils devaient faire l'ontrepoids aux re\'Cndications catholiques, de mèmc en J860, les ou.riers furent admis à parler, parce que les plus conscients d'entre eux, les plus instruits. de,·aient être certainement fornrables aux théories libreéchangistes cont,·e l'opposition pl'Otectionniste. Ou je me tl'ompe fort, ou lit csl \'l'aiment l'origine dcspreir1ièrrs a,·:rnces il la classe ou,rièl'e. Il est bien certain qu\~n ces annl'cs-1:1, par son ac<.'roisscment m<.~mc,par son obstination à s'organisrr, la classe ouvrière s'imposait de plus rn plus à l'attention des écrivains, drs pensct1rs, des hornmcs politiques, et ù défaut d'autres prcuvrs, Je nombrf' considérable de li\'rCs qui paru1·cnt surt<'s<1uestions, aux emirous de 18fi0, suffirait à le prou\'rr. li est certain encore <rue la rapide évolution, qui s'accomplit de J8fi0 ù 18fi:l, de la pure rc"rndiration professionnelle à l'action politique, fut duc uniquement à la conscience <Jue la classe ou\Tiérc prit de sa (o,-ce. )lais ici encor,·. comme en JS.W. pour les républicains, la chiquenaude initiale, si j'ose dire, fut donnée du l'alaisRoyal. Ce furent les amis du prince Xapoléon qui eurent à ce moment l'auto- :risation d'agir, de faire parler. Les rapports des prot:ureurs généraux, aux en\"Îrons de 18HO,nom~ révéleront sans doute de• choses curieuses. :\'ous ne les avons pas encore â notre disposition. Mais pour les années 52-.-,H,pour le•quelles ils sont communi-

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