Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIRE SOCIALISH: rn:1 classes on,Tièrcs pour la défense dr leurs intérHs de salaire. Sitôt r;11(• nait une qneslion de ,·r f!l'!lre. ~•Ile loarnl' à la <'Oa!ition. L'nulol'Îlé eu à agil' (ri r,gir plultÎl qu',i sc;Pir, pan·e t;uc c·e sont des /ails à /ouchrr d'une main proleclrù·e et prudente, contre des grè\'CS dC' lllU\'on-;, de rharpr11tir1·s, de Lr·nassicrs et dïmpi-irnct11·s s111·êtoffcs » - .\ propos de ln g-1•èyc des 111incurs de Hives-de-Ciel', le mèmc p1·ocureur Ccril le J juillet J8G2, <111'il ~·:ig-it là « d'une de ces délicates questions de salaires qui renferment pc-11t-l'-l1·r un des plus g-ra,·cs prohll!mcs politiques~ ra,·cnir de rr,·taincs industries». :\lai~ il y a rr11'-mr drs cas otl ks procureurs g-C11t··ra11x, pour peu qu'ils C').amincnt impa1·tialcmcnt les faits, sont contraint~ dr prrndrc parti, du moins in pello. pour les ourriers. Lorsque. dans l"été dr JS;->2. éclata la grève 111111111tucusc <le \\ïlle1·. ol1 Ja tl'oupe chargea à la ba·1on1H'llc les 011, riel's :ll'lnés de fourches et de pat1·ons, le proc-urcur dut l'C'COn1wÎll'C que« ~(. I\Cl'cldi11, par sa position c.xccptionnclle de fortune pou,·ail plu~ corncnablrmcnl que tout autl'C rétrihucr ses ou, ric-rs. J'ai chi . .ljoutait-il, le lui laissc-r pressentir • 1313. ;io,1,01,. Lors de la grève des taillcu1·s de pie1Te de Lyon, en 1s.·,:;. le co111rnissail'C spécial, clans s011 rappo1t nu p1Cfct. rrmarqunit qur si les gl'é- ,·istcs étaient légalement coupables, en fait« c'était des homme!' i11offe11sifs, arbitrairement exploités pa1· leurs patrons, poussés par eux dan.i le guctapcns d'une grèYc dont le-. patrons devaient surtout tirer a,,antage, el par conséquent, <lignes dr tout lï11térèl de l'administration ». 1::tait-rc donc le g-ou,·crncmcnt impérial, cc gouvernement si soucieux de l'amélioration du sort des classes pauYrcs, qui allait abandonncl' les ou,TicrsJ Allait-il les li,Tcr pieds et poing-s liés aux méfoit!:I de la concu1Tencc, ù la dure exploitation de la féodalité Îlnaneièrc ~ Les oun·iers les plus eonscients ne 1·éclamnic11t point lïntcrYention légale, dans les questions de salaires. Il 11\ a,·ait g-11è1·e que Lyon, oll les ou,Ticrs dcmandnssenl cn<·ore l'établissement d'un lï"trif ou au moins d'une ntf'rCul'ialr 1313. 30_.l10ï. ;\lais, d'une maniè1·c générale, cc que l'éclamail depuis 18.):!. dans le domaine êconomiquc. le prol(·tarial franç:ais. c't'lait plus de lihe1-tc• d'action, c'était 1111c égalité plus réelle devant la loi. Ce quïl rècl:u11ai1, t,.était le dt'oit de se défo11clre. c'étnit I<' droit reconnu, inscrit dans la loi, de s·assoeicr, tl'unP. manil·rc temporaire dans la grèYc, cl"unc manière perm:111C'nle dans le syndicat professionnel. Dûs avant 18G0, tcJ était le vœu de tous; cl l'c,n peut dire quïl leur était dircl'lcmenl inspire'.- par les conditions matérielles el morales de leur existence. ~lais c'était bien li, le vo•u le plus propre à faire hésiter l'Empire. La liberté est ce qui inquiète le plus les g-ou,·cl'nements d'oppression: ils savent selon le mol célèbre qu'on ne peul lui faire sa part. Tant qu'il s'agissait d'assurer ü la classe ouvriëre du pain et des fêtes, du travail et de la gloire, tout allait bien. Toutes les classes pouvaient y trouver leur compte: cl c'était le but de l'Empire de satisfaire toutes les classes. ~lais déclarer légales les coalitions, permettre la liberté de la révolte ouvrière, l'Empcreur, protecteur

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