Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

J!l2 IIISTOIHE SOCIALIS'l t:: dant l'action t.·o11crti,c est n~ccssairc; raction de résistance est indispensable. Les salaires baissent lrop: la de est inlcnablc ! .\lo1·s, hicn sou,·cnl sans préparation, s011s Ir coup dr ln nécessité, parce quJI 11\ a point d'autre moy<'n, les coalitions. les grè,·cs (~datent, un peu sur tous les points. prL"nanl pa1fois IIH~mc 1111cr11·nct{·rc de ,.,~,·ollc. L'adminislration du Second Empi1·c 11·é1ahlissait poi11l <le statisti<tucs des grè,cs: clic u·:l\·ait que des dossiers de potnsuites. En 18:,:), les tribunaux jugl·r('nl 100 nff:,il'CS de t·C>alition; en 1s.;1,. (;8; en 18.,;,, 1H8: c'est, C'll cffcl. l'a11néc <le rE:\position, l"a.1111(.'c du tra,,iil le plus intense. l'année :u1s!-i ol1 l'écart entre les salaires et le prix de la ,·ic rst le plus gra11d. l':11 18.JU, IC' nombre des poursui les retombe ;1 ï:J: c-11 JS.iï. année clc l:i ci-isr, :-):•:rn JS.-,8, .-,:i: en 1s.-,o, :-,s; CIi 1860, :-,8: ('Il IS(j l, (;J: ('Il 181i:?. '•'• : en 18ü3, :Hl; en J8ü',, 21. Cc soul les annëcs de toléra11<·r,:l\'a11l l'a11tot'Îsalio11 légal,·. Il rst Cl'Tlain q11·11n nnmbl'C nnlahlc de coalitions 11cdon11èl'c111 pas lieu à des poursuites. Sui,·ant :\1. Co1·n11<lct, conuuissairc du g<w,·e1·ncmcnl, lors de la discussion de la loi de J8(Vi, les poursuites étaic11t m1\mc J'cxccption. • Tanlùl. clisail-il, les 1>alrons cléclinenl l'appui de la loi; tan:t\l les magisll'ats - dans ln crainte d'cnvc11imcr 1111 conflit - se sonl abstc11us de toute intervention répl'cssh·c. 11 .\ pa1tir de l8H2. surlout, les mesu1·rs de démence, prises JJ:l r I' Empercu r en fa, cu 1· des gré,·istcs con da rn 11és, incli n(•l'en l au non-lieu la plupart ùcs magislrals. Les cloeumcnls recueillis p,n· les cnquêlcurs de l'Otliec ùu Tra,ail, clans leurs quat,·e volumes de monog,·aphies sur les Associations pro/'essionnel/('s, et d'autre part, jus<1u'cn 18.oï, les rapports des procureurs généraux, permettent de se ,·encire complc du ca;aclrrc de ces gri•,·es cl de l'altiludc du gouvernement ù leur égard, pendant la période de l'E111pirc autoritail'c. L'aclminislration, quoi qu'en dise ~I. Cornuclet, élail toujours disposée i, frapper, ù'aborcl pa1·cc que la grè.-e élail un nctc clï11clisciplinc, de 1·é.-oltc, cnsuilc et surloul pan·c que les • cn11cmis de la paix publique• de,aicnl naturellement saisil' ces occasions farol'ahlcs « pour exciter IPs masses•· Il n'est guêrc de coalition, mentionnées pour <'CS années-là par les auteurs des Associa/ions profe.ssio1111elle.,, qui n'ait apporlé sou lot de pou1·suilcs cl de condamnations. Df's qu'une grt-.\'C éclate, les procureurs sont sur les dents; cl Je rnini'itè·rc les acc:.iblc <l<' lettres pour a,·oi1· des détails, de~ renseignements plus ci1·eonslanciCs. Les recherches de not1·e camal'adc Piene Caron aux Archires nationales ne nous onl pas permis de 1·etrou,·c1· la série Coalitions, qui fut s1ircmcnt constilul~C des rCfércnccs l"attestent au miuistl•re de la jusli<·••: mais les ,·apports scmcstl'iels des procureurs indi,1ucnt oic11 leu, élat d'cspril. Jls poursuivent, ils font con.damner sans cloute, mais ils se rendent compte ,•n nH'me temps de lïncffiearité et sou,•cnl de l'injustice de leur intervcnlio11. • Oans le mois qui vient de finir, écrivait le procureur de Lyon le 3 juin 1852, on a pu surprendre les traces de celle action d'ensemble des

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