Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

HISTOIHE SOCIALISTE 1!11 ne s·entendc pas amiablcmcnl, rnt1is aille aux p1·11d'ho111mcs c:ontcstcr le règlement, contre lccruel il cxistr une- <'onspirntion permanente, qu'ils n\wccplcnl que pour eux el jamais eontre eux.)> Et le patron aYisé conclut ; cc Ces faits JJl'(!sentcnt un g-l'and <langer dans l,•s rentres mTl.nufaeturiC'rs ('Ommc les nùtrcs, oi1 la t,·adition perpt5tuc ics idées de pa1tagc· de 18',8, rn nu\mc temps que la discipline lrostilc et les l'Cslcs d'organisations, plu~ ûll moins secrètes de la mt·me époque. lcsq11cls ne demcuulrnl pus. mù•u.r qu<' df• lrouw•r une /'ornœ /<!galepour se co11,1rir el se dt;v~loppt>r. » C'est le proc11rcu1· g,~néral de Lron, qui transmet la pt.:1itio11 au minislr<' de lïntfricur, et il l'accompagne d'un rapport. qui indique c11ricu~rmr11l les inquiétudes d'un fonctionnaire' ave1·ti et connaissant l>icn Ir faible dr Ja cuira~sc gou,,crnemcntalc. Cc petit rapporl ne manque pas d'c:-.p1·it. 1-:n ,·oid le principal passage: « Je sais, él'rit le procurcu1·, que les sociélés <le srrours 1nuturls ;;ont une création chérie du gouvcl'ncment. :\lais les enfant~ pn'ft!l'és sont rcux qui ruiucnt les farnilles. On s·rwcuglc sui· leurs défauts: on se 1·cfusc à reconnaitre leurs écarts, jusqu'au jour oil il n'est pius Lernps d'y rcmédif'r. Il est très séduisant <le penser qu'o11 p<.'ul amener Ir proldail'c i, sr secourir lui• . rnt.'-mc dans la maladie, dans l.i ,·ieillcssc; il est tl'ès salisfaisanl dè <ToÎr<.' qu'on échappera 1111.r sociétés Sl'cri.•tes pnr les socidés nulori.,·,~es; il sernil do ,.x d' espi!rer qu'on formera une association ù1111u>n:,d1éi,11oué,· rut gom,ernement. :\lalhcurcnscmcnt, lous ces résullats cléri,·és sonl loin de la pensée dC' ceux qui acl'eptent les encouragements. lis prcnncnl l'arme qui }('111' esl donnée; mais ils entendent s'en scn·ir à leur guise, et c'e~l au se1·,·ice <le leurs passions quïls l'emploient. Cela csl tout 11atu1·cl. Dans la classe OU\'rÎêre, dans cc qui forme la Yérilablc masse des ~ociétës, la passion domΕ nanlc et seule \'éritahlement puissante, c'est la haine de loufe supl•riorilé, de tout gouvernement. Lü est le trait d'union entre tous; là est la force. Cette force a pour clic le nornbrc de ses soldats, leurs a\·idités, leurs cspt:rancc chimériques, certaine fausse conscience de lc111·cii·oit. enfin cc C0Ul'agc, qui est vulgaire en cc pays et qui pl'end \'olontic1·s toutes les clirrctions. JI ne lui IJWtUJli<' absolument que {organisa/ion; et les prétendul'S sou'élés de J.WC01u·s viennent le lui donner. • Ainsi, le p1·ociirc11r le nole bien : dans la société de secours mutuels autorisée, surveillée, légalisée. les ouvriers tendent i1 rct,·ou,cr une organisation 1Syndicale : et ceux de Tarare jugent si bien que la sociCté de secours mutuels est leur, qu'ils en excluent les renégats, les tl'ait,·cs il lcul' classe, cxa<·tement comme ils les cxduraienl d'un syndical. ~lais cc n·cst là que l'exception: la surYcillancc est trop étroite', les mesures sont trop bien prises pour qu'une action collectiYe régulière de la classe ouvrière puisse s'exercer au grand jour Ces sociétés de Secour$ mutuels qui agissent professionnellement ne pcu"enl s'étendre. Et <'epen-

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